La dernière bande de Samuel Beckett.

 Samedi 11 novembre 2017 à 20h30 à l’Autre Scène – Vedène avec Jacques Weber.

Un grand moment de théâtre à vivre absolument !

Quelques mots sur l’auteur

Auteur irlandais d’expression française (1906-1989), Beckett ignore les frontières, celles de la langue d’abord, maniant ainsi le verbe allemand, anglais et français mais également celles des genres, passant ainsi de la poésie au roman, du théâtre aux grands et petits écrans avec cette relation très forte à la peinture, certains tableaux seront d’ailleurs souvent à l’origine de ses œuvres. Le psychanalyste Didier Anzieu écrit à ce sujet : « Le lecteur reçoit les textes de Beckett de la manière dont le visiteur reçoit les toiles de Francis Bacon (…) : comme un coup porté au creux de son âme. » (Didier Anzieu, Beckett, Folio, Essais, 1998.)

À propos de la pièce

C’est en 1953 que l’œuvre de Beckett bondit sur les scènes de France et du monde entier avec En attendant Godot. La dernière bande, pièce écrite en anglais sous le titre de Krapp’s Last Tape et traduite par l’auteur et Pierre Leyris en 1958, met en scène le personnage de Krapp, un de ces êtres désespérés, face à son passé dont il écoute l’écho lointain avec cette surprise de découvrir le jeune « crétin » qu’il était alors : « Viens d’écouter ce pauvre petit crétin pour qui je me prenais il y a trente ans, difficile de croire que j’aie jamais été con à ce point-là. »

Krapp est là, face à nous, avec pour tout compagnon, un magnétophone dont les bandes déroulent ce qu’il fut. Le vieil homme caresse à présent l’appareil d’une main impuissante à retrouver les joies du temps définitivement perdu. Loin des réminiscences bienfaitrices, le souvenir devient le phare qui éclaire faiblement un présent de solitude absolue. Une tragicomédie qui convie le rire et l’émotion. Vision du vieil homme échoué sur les rives d’une confrontation douloureuses avec le verbe d’autrefois, celui des rêves qu’il réécoute avec rage.

C’est l’absurdité de la condition humaine, le regard désabusé, le scandale de la vieillesse qui ne peut plus rattraper le bonheur et l’amour si facilement rejetés par le passé. Vient le temps du renoncement et du dénuement.

Neuf pages pour un seul acte

Le vieil homme s’apprête à enregistrer ce qu’il a vécu dans l’année comme il le fait depuis sa jeunesse.  Tout est là, scrupuleusement enregistré puis noté dans un registre où Krapp peut lire aisément son passé. Mais c’est l’écoute d’une bobine datant de trente ans, d’une voix jeune aux accents confiants et optimistes, qui poussent le vieil homme déchu de ce bel âge à ricaner devant le miroir où il ne reconnaît plus sa propre image. Il repasse plusieurs fois un passage, il est question d’amour, que tout cela sonne étrangement à présent !

Jacques Weber, dans ce seul-en-scène riche d’intensité et dans cette forêt de didascalies toute beckettiennes, saura assurément trouver la faible lueur du passé de Krapp auquel il apporte déjà une dimension toute particulière si l’on en juge par les excellents retours médiatiques.

                                                                                                                                        Marianne M.

Mise en scène Peter Stein
avec Jacques Weber
assistante à la mise en scène Nikolitsa Angelakopoulou
décor Ferdinand Wögerbauer
costumes Annamaria Heinreich
maquillage et perruque Cécile Kretschmar
Production Théâtre de l’Oeuvre et Laura Pels
Durée: 1h30



Réservations sur le site internet de l’Opéra Grand Avignon  http://www.operagrandavignon.fr

ou par téléphone :  contactez la Billetterie de l’Opéra Grand Avignon
au 04 90 14 26 40

Tarif à partir de 10 euros



Prochainement : Orphée, Gluck-Berlioz, opéra en quatre actes mis en scène par Fanny Gioria dimanche 3 décembre 2017 à 14h30 et mardi 5 décembre 2017 à 20h30 à l’Opéra Confluence.

Conférence le samedi 2 décembre 2017 à 17h00 à la Maison Jean Vilar à Avignon : Orphée avec Simon Calamel. Entrée libre

Réservations sur le site internet de l’Opéra Grand Avignon  http://www.operagrandavignon.fr

ou par téléphone :  contactez la Billetterie de l’Opéra Grand Avignon
au 04 90 14 26 40

Tarif à partir de 12 euros

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s