Les Mousquetaires au couvent mis en scène par Valérie Marestin !

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Peintre à ses heures, fille d’architecte, très tôt le crayon la démange la petite Valérie Marestin ! Le sport comble cependant toute son adolescence, mais après quoi courait-elle donc ? Un ballon ? gonflé de rêves et de musique ? Non, courir un javelot en main à lancer le plus loin possible tout en chantant sans y penser jusqu’à être remarquée et dirigée vers des cours de chant !

« Une drôle de dame » qui tient aussi fort à ses projets qu’elle maintenait fermement le javelot de l’enfance, projetant avec cette même force sa passion de l’art lyrique qu’elle catapultait le pilum des temps modernes !

 

Valérie Marestin, aujourd’hui, vous vous consacrez à la formation des plus jeunes au chant lyrique comme à la mise en scène de spectacles lyriques je crois ?

 En effet, je suis professeure de chant (technique vocale) et d’art lyrique (interprétation),  avec une envie de transmettre mon expérience de chanteuse lyrique qui m’a fait passer à l’enseignement au conservatoire d’Avignon pour les solistes, par exemple Julie Fuchs qui à présent suit une belle carrière.  Et encore Pauline et Gilen, respectivement Marie et Rigobert dans Les Mousquetaires au couvent. Il s’agit d’un travail de fourmi, basé sur la répétition (sic !) mais tout à fait passionnant ! En tant que professeure d’art lyrique, mon approche est un peu différente de la technique en ce sens que je réunis les élèves autour du montage d’une œuvre que je mets en scène. Donc tous les deux ans, le projet est monté éventuellement avec le chœur du conservatoire, son orchestre nécessairement, l’œuvre est jouée à l’opéra d’Avignon.

 Comment concevez-vous ce rôle de metteure en scène ?

 C’est un métier, une véritable passion pour moi, j’irais jusqu’à dire un moteur, une véritable drogue ! Je dessine, beaucoup. Je tiens un livre de mise en scène avec textes d’indications bien sûr mais également de nombreux dessins. Le moment où je suis avec les acteurs est le moment clé pour moi et ça commence dès ce lundi !

Tout d’abord il s’agit de connaître l’histoire et la partition parfaitement, d’avoir rêvé avec cette œuvre puis d’avoir cette passion de mettre en mouvements ce que vous avez lu. Tout défile de façon presque intuitive chez moi, j’écris et dessine des croquis en  m’imprégnant de l’œuvre. Je crois qu’il s’agit là d’une pratique acquise depuis l’enfance au fond car déjà, en rentrant de l’école, je mettais des disques de musique classique que mes parents possédaient et, sans rien connaître des arts de la scène lyrique, je tentais quelques mouvements plus ou moins heureux que je dessinais ensuite, c’était là mes premières chorégraphies nourries par la musique qui m’amenait déjà au mouvement lui-même.

 Vous avez à votre actif une carrière de soliste cependant, c’est avec la belle Hélène de Offenbach que vous faites vos débuts sur scène en 1987 dans le rôle-titre, vient ensuite Carmen à l’opéra d’Angers puis bien d’autres interprétations jusque dans les années 2000 ?

 Oui, une carrière de vingt années aussi bien en France qu’à l’étranger qui m’a permis d’exploiter au mieux les planches avant d’avoir le désir de vivre autre chose. L’amour aidant, celui porté à mon époux et à notre fille, j’ai eu ce besoin de me fixer davantage près de l’espace familial et comme tout arrive bien souvent à point nommé, j’ai eu la possibilité de postuler pour enseigner au conservatoire d’Avignon puis d’en obtenir la place.

 L’opérette est désignée de diverses manières depuis le XIX siècle ; opéra bouffe, musique légère, comédie musicale, opéra-comique, etc., est-ce que cela traduit une difficulté à définir le genre ?

 Oui, la difficulté y est mais il y a quand même des points d’ancrage, le lieu lui-même par exemple, ainsi les ouvrages joués à l’Opéra-Comique, la densité de l’orchestre, avec plus ou moins de musiciens. L’opéra-comique serait le pendant inversé de l’opéra dans lequel l’on trouve des textes parlés et plus légers. Dans un autre registre encore, Offenbach fait de l’opérette, fantaisie pure qui vient caricaturer la réalité. Le genre connaît une évolution au rythme de celle sociétale en fait.

 Si l’on s’intéresse à la formation même du mot opérette, il semble par son seul suffixe être le diminutif de celui d’opéra, doit-on y voir ici un genre mineur ?

On a pu lire cela chez beaucoup, pourtant c’est difficile de chanter l’opérette, il faut passer d’une forme parlée à celle chantée, ce que tous les chanteurs d’opéra ne parviennent pas forcément à faire.

Peut-être certains le perçoivent comme une expression lyrique mineure, ce qui est totalement éloigné de ma propre conception du genre ! J’ai d’ailleurs monté et produit un scénario qui raconte l’histoire de l’opéra et bien sûr comment l’on passe de l’opéra à l’opéra-comique puis à l’opérette en expliquant ces variations par celles d’une société en mutation, du sujet sérieux et noble glissant vers la réalité du bourgeois qui peut s’assimiler à son tour à ce qu’il voit puis l’opérette qui verse dans plus de légèreté allant jusqu’à la caricature et qui devient ainsi accessible à tous.

 C’est un genre qui en effet a connu un sévère déclin vers la fin du XIX siècle pour renaître ensuite progressivement depuis le début des deux guerres et, à l’heure où le public attend peut-être des sujets plus contemporains, comment expliquer le succès maintenu de l’opérette ?

 Ce sont les personnes qui dirigent les maisons d’Opéra qui choisissent ou pas de produire les opérettes en premier lieu ! Si elles sont montées, une fois la mise en scène des opérettes rajeunie, le public est là, le problème est identique à l’opéra somme toute. Amener les plus jeunes aux générales donne une impulsion certaine à tous.

 Pourtant le terme connote ce qui est…disons…ringard, on lui préfère souvent celui de comédie musicale.

 Oui, dans l’esprit de beaucoup, le terme renvoie à un genre dépassé, démodé, mais je crois fermement que l’opérette a encore beaucoup à dire, ses sujets traités avec la légèreté du genre évoquent cependant des réalités qui sont encore les nôtres ; Offenbach se moquant des chemins de fer français, des politiques, de la prétention et autre, ce sont là des thèmes actuels.

 Vous mettez en scène Les Mousquetaires au couvent que nous pourrons découvrir dès le 29 décembre sur la scène de l’Opéra Confluence, qu’est-ce qui vous attire dans cette œuvre ?

 La fantaisie bien entendu ! Le sujet est léger, porté par une très belle musique d’opéra-comique, opérette, appelons cela comme on veut ! C’est à mon sens un chef-d’œuvre avec un livret bien ficelé et des personnages bien trempés. Chacun des protagonistes est dessiné avec force, ce qui est vraiment intéressant à monter en scène de ce fait !

 Pourquoi cette transposition des mousquetaires en chasseurs alpins ?

 Naturellement, j’avais cette envie de moderniser la mise en scène, la jeune spectatrice s’identifiera bien plus aisément ainsi à l’orpheline courtisée par un militaire dans un pensionnat tenu par des soeurs ! Chasseur alpin parce que je voyais un paysage de montagne et puis, le compositeur de cette œuvre, Louis Varney, n’est-il pas mort dans les Pyrénées !

 Hervé Cherblanc assure donc la scénographie de ce spectacle tout comme il vient de le faire pour Orphée mis en scène par Fanny Gioria, comment avez-vous travaillé avec lui pour imaginer cette nouvelle scénographie ?

 Nous avons appris à nous découvrir puisque nous n’avions pas encore travaillé ensemble et nous avons peu à peu envisagé la scénographie ensemble. Hervé dessine très bien, ici encore nous nous rejoignons. En ce qui concerne les décors, je laisse le public venir le découvrir sous peu !

Peut-on vous demander quels sont vos projets après Les Mousquetaires au couvent ?

 Ce ne sont pas les envies qui me manquent ! De façon plus concrète, il m’a été demandé un spectacle sur Les Noces de Figaro en version simplifiée pour le festival d’art lyrique de Pézenas, il s’agit ici de donner l’essentiel de cette œuvre à un public pas forcément prêt à recevoir ce type d’ouvrage.

Ensuite, j’ai sous le coude un autre scénario ; Le jugement dernier, un texte personnel ! Enfin, un autre projet avec un jeune chef d’orchestre qui veut écrire son opéra, lui du côté de la musique, moi pour le livret, il s’agira ici d’un ouvrage léger, un texte comique que j’écris pendant que le maestro compose la musique, une première pour moi car lorsque je crée habituellement des scénarios, j’y mêle des extraits d’opéra-comique ou d’opérette particulièrement peu connus.

J’ai ce goût d’écrire, la recherche du mot, ils ont aussi cette musique dans laquelle j’œuvre passionnément finalement !

 

                                                      Marianne M.

Propos recueillis le 9 décembre par Marianne Millet.



Les Mousquetaires au couvent, opérette en trois actes composée par Louis Vernay sur un livret de Paul Ferrier et Jules Prével d’après L’Habit de fait pas le moine d’Amble de Saint-Hilaire et Duport.

Nouvelle production de l’Opéra Grand Avignon. Vendredi 29 décembre 2017 à 20h30. Samedi 30 décembre 2017 à 20h30. Dimanche 31 décembre 2017 à 20h30. Opéra Confluence

Direction Dominique Trottein
Direction du Choeur Aurore Marchand
Etudes musicales Hélène Blanic

Mise en scène Valérie Marestin
Chorégraphie Eric Belaud
Décors et lumières Hervé Cherblanc

Simone Claire de Monteil
Marie Pauline Rouillard
Louise Amaya Dominguez
La Supérieure Maryse Castets
Sœur Opportune Isabelle Guillaume
Brissac Frédéric Cornille
Gontran Antonio Figueroa
Abbé Bridaine Franck Leguérinel
Rigobert Gilen Goicoechea
Le Gouverneur Alain Iltis

Orchestre Régional Avignon-Provence
Chœur de l’Opéra Grand Avignon
Ballet de l’Opéra Grand Avignon



Réservations sur le site internet de l’Opéra Grand Avignon  http://www.operagrandavignon.fr

ou par téléphone :  contactez la Billetterie de l’Opéra Grand Avignon
au 04 90 14 26 40

Durée : 2h30

Tarif à partir de 12 euros

 

 

 

 

 

 

 

2 commentaires

  1. Finement amenée, cette transposition montagnarde dans un pensionnat dotée d’interjections « action -réaction » est bien de nos jours .
    Un plateau vocal de qualité (dont Frédéric Cornille) , des ballets aux danseurs « légers » font oublier le « lieu de fortune » 😕de l’Opéra Confluence du Grand Avignon.

    J'aime

    1. Je le trouve très sympa ce « lieu de fortune » Frédéric, aisé d’accès, vue large du plateau dans son entier quelque que soit la place où l’on se trouve quasiment. Après tout la Comédie Française a connu cette même aventure pendant sa restauration, sa scène éphémère avec 700 places (Opéra Confluence : 850 et plus ) ne supportait pas davantage de cintres ni de dessous !

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