Dialogues des Carmélites ou le chemin vers la grâce…

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Aux origines des Dialogues…

Au fondement même de cet opéra ; un auteur qui explore dans ses œuvres le combat spirituel entre le bien et le mal, il s’agit bien entendu de Georges Bernanos, fervent catholique et monarchiste passionné. On le retient notamment avec Sous le soleil de Satan (1926) et son Journal d’un curé de campagne (1936). C’est en 1947, sur l’idée du père Bruckberger, qu’il rédige le scénario d’un film du récit de La Dernière à l’échafaud de Gertrud Von Le Fort, lui-même inspiré de l’histoire véridique des carmélites de Compiègne guillotinées à Paris sur la place du Trône, le 17 juillet 1794, auquel la romancière avait ajouté le personnage fictif de Blanche de la Force  à la foi hésitante.

Dialogues des Carmélites peut être considéré comme le testament spirituel de Bernanos, en effet, il est publié en 1949 après la mort de celui-ci. D’abord adapté au théâtre par Jacques Hébertot et créé dans son théâtre en 1952, il devient ensuite le livret d’un opéra du compositeur Francis Poulenc, enthousiasmé par le projet après lecture du texte de Bernanos et sera représenté à la Scala de Milan en 1957. Le sujet touche Poulenc si profondément qu’il va en faire une œuvre remarquable.

Ce n’est qu’en 1960 que le scénario original servira de base au film Le Dialogue des carmélites réalisé par Philippe Agostini et le père Bruckberger, enfin, Pierre Cardinal concevra avec talent un téléfilm en 1984.

Francis Poulenc, à corps perdu dans les Dialogues

Si l’on s’attache de plus près à la conception même de cet opéra, il faut revenir aux angoisses extraordinaires vécues par le pauvre Francis Poulenc à partir de août 1953 et pendant les trois années que dureront sa composition. Après des interrogations personnelles assez douloureuses au sujet des bonnes tessitures vocales, de justes mélodies, d’irréprochables prosodies, de l’orchestration, et autre, le voilà confronté au refus de la parution de l’opéra dès juillet 1954 par le librettiste Emmet Lavery, à qui appartenait le droit original de tirer une pièce de théâtre de la nouvelle de Gertrude von Le Fort ! Une autorisation que Poulenc finit par obtenir après des mois de discussion mais qui l’ont pour un temps anéanti.

En septembre 1954, il écrit à son amie Mme Pierre Girard : « Vous êtes mon refuge. Avignon représente pour moi le salut. (…) Hélas, je ne suis plus maître de ma volonté, de mes pauvres nerfs. Je suis à la dérive. C’est honteux. » puis deux jours plus tard : « Je pense que ces terribles dames, avant de perdre la tête, ont voulu que je leur en sacrifie une. Tout cela n’est pas impossible. »

Du côté du récit…

Pour le rappel de l’histoire, Dialogues des carmélites, est le récit basé sur des faits réels de seize Carmélites de Compiègne guillotinées pendant la Terreur, en 1794, pour avoir protégé ou hébergé des émigrés. Un personnage supplémentaire sera ajouté par Gertrud Von Le Fort et conservé par Bernanos bien sûr ; Blanche de la Force.

Si chaque religieuse est confrontée au mal et à la souffrance, à l’orgueil ou au doute, à la peur et à la solitude comme Jésus au Jardin des Oliviers, la novice Blanche de La Force s’avère la plus faible d’entre elles. En proie à une peur maladive et déraisonnée, elle quitte le monde « par dépit » et doute de sa foi. Le Carmel représente ainsi l’ultime espoir de trouver une forme d’apaisement, Blanche s’y consacrant entièrement pour suivre « la voie du détachement » et « se défaire de ses illusions ».

Les Dialogues des Carmélites semble suivre le chemin de croix de Blanche qui revit la Passion du Christ et arrive à dépasser sa peur, oeuvrant ainsi pour le Salut de l’humanité.

Deux dialogues différents semblent se cacher derrière le pluriel du titre.
Ce sont d’abord les dialogues des soeurs qui ponctuent la vie du Carmel, puis, avec l’arrivée de Blanche et la mort difficile de Mme de Croissy – la première Prieure -, qui avait perturbé ce petit monde clos, les Carmélites doivent faire face aux terribles événements qui secouent le monde extérieur. Et leurs prières, leurs chants communs, acquièrent une importance d’autant plus manifeste dans cette communauté visant au Salut universel de l’humanité. Et ces prières sont des adresses à Dieu dont la réponse est difficile à entendre – dans les deux sens du terme -, chaque religieuse restant bien solitaire avec Dieu comme seul interlocuteur- « Chacun pour Dieu« . Dialogues avec Dieu qui appartiennent autant au domaine du regard qu’à celui de la parole.

Peut-être est-ce dû en partie à ce véritable chemin de croix vécu par le compositeur, toujours est-il que Dialogues des Carmélites se révèle être d’une profondeur extraordinaire, Poulenc a pensé chaque personnage avec une justesse inouïe semble-t-il et le texte de Bernanos reste parfaitement compréhensible dans ses moindres détails.



Dialogues des Carmélites. Opéra en trois actes de Francis Poulenc.
Texte de l’œuvre de Georges Bernanos, porté à l’opéra avec l’autorisation d’Emmet Lavery d’après une nouvelle de Gertrud Von Le Fort et un scénario du Révérend-Père Brückberger et de Philippe Agostini.

Nouvelle production de l’Opéra Grand Avignon. Dimanche 28 janvier 2018 à 14h30. Mardi 30 janvier 2018 à 20h30. Opéra Confluence

Conférence « Dialogues des carmélites »
par Marielle Khouri le Samedi 27 janvier à 17h Maison Jean Vilar
Direction Samuel Jean
Direction du chœur Aurore Marchand
Études musicales Hélène Blanic

Mise en scène et décors Alain Timár
Assistante à la mise en scène Irène Fridici
Costumes Elza Briand
Lumières Richard Rozenbaum
Vidéo Quentin Bonami

Madame de Croissy
Marie-Ange Todorovitch
Blanche de La Force Ludivine Gombert
Constance Sarah Gouzy
Madame Lidoine Catherine Hunold
Mère Marie de l’Incarnation Blandine Folio Peres
Sœur Mathilde Coline Dutilleul
Le Marquis de La Force Frédéric Caton
Le Chevalier de La Force Rémy Mathieu
L’Aumônier du Carmel Raphaël Brémard
Le premier Commissaire Alfred Bironien
Le deuxième Commissaire / l’Officier / le Geôlier Romain Bockler

Orchestre Régional Avignon-Provence
Chœur de l’Opéra Grand Avignon



 

Réservations sur le site internet de l’Opéra Grand Avignon  http://www.operagrandavignon.fr

ou par téléphone :  contactez la Billetterie de l’Opéra Grand Avignon
au 04 90 14 26 40

Durée : 3h00

Tarif à partir de 15 euros

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