L’enlèvement au sérail, l’opéra du jeune Mozart, dans toute sa force dramatique…

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Johannes Chrysostomus Wolfgangus Theophilus Mozart…

Mozart ! Que ce nom paraît familier à tout un chacun ! Tant d’images sont attachées au compositeur prodige que l’on en retient au moins une, pour certains il demeure cet ange blond béni des dieux, séduisant d’une cour à l’autre de nobles oreilles, pour d’autres, il restera ce démon aux plaisanteries scatologiques doublé d’un joueur invétéré.

Que n’a-t-on, par ailleurs, écrit sur l’homme, tentant sans doute par là de comprendre cette musique inégalée à ce jour ; dit d’une personnalité trouble, le musicien est confirmé dans une névrose d’angoisse, dominé par un caractère obsessionnel, qualifié d’éternel adolescent narcissique et paranoïaque, et j’en passe…Les études psychiatriques trouvent ici matière à noircir quelques pages qui ne sauraient suffire pourtant à comprendre l’artiste génial qui auraient balayé d’un revers de main ces quelques tentatives psychanalytiques insupportables ! Sans compter nombre de maladies dont la littérature médicale n’a pas manqué de diagnostiquer à titre posthume le malheureux Mozart, lequel aurait de ce fait subi à peu près tout ce qui peut se trouver comme maux et non des moindres, alternant le choléra, la syphilis, l’ulcère, la myopie, la surdité et tant d’autres alterations qu’une seule personne ne pourrait en souffrir ! Quant à sa mort, plus d’une centaine de causes l’expliquerait ! Les plus passionnantes restant bien entendu celles d’un possible empoisonnement et là encore, les auteurs du crime seraient légion !

Mozart dans le sérail des créateurs de génie

Une mort enveloppée de mystère, un requiem inachevé commandé par un non moins énigmatique personnage. Après ces dernières conjectures, Mozart pourrait goûter aux joies d’une sereine immortalité, ce serait cependant sans compter sur le mystère du supposé crâne de l’artiste qui va passer de main en main avant d’atterrir à la Fondation Internationale Mozarteum de Salzbourg !

Bref, Mozart est si exceptionnellement doué que l’on ne peut s’empêcher de vouloir expliquer les causes d’un talent des plus prodigieux ! Ce qui est certain, c’est qu’il ne cessait de vivre la musique, dès son plus jeune âge, poussé en cela par un père tout dévoué à cette précocité musicale hors normes. Qu’importe de parvenir à élucider les arcanes d’une personnalité inexplicable, l’essentiel est d’entendre sa musique et là, tous semblent s’accorder sur le fait qu’elle sait nous émouvoir et nous toucher comme à nulle autre pareille. Veut-on comprendre Mozart ? Ecoutons donc sa musique…

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L’enlèvement au Sérail

 Cet opéra en trois actes est créé en 1782 à Vienne après Idomeneo. L’œuvre est le premier des cinq grands opéras de Mozart qui est alors un jeune homme de vingt-six ans sur le point d’épouser Constance Weber à laquelle il rend hommage en faisant porter à l’héroïne principale le même nom. L’enlèvement au sérail est habituellement qualifié de Singspiel, de singen : chanter et de spiel : jeu, pièce de théâtre, donc un opéra qui alterne des airs chantés et des textes parlés comme on peut le voir dans l’opéra-comique par exemple.

C’est un jeune compositeur délivré enfin de l’archevêque Colloredo qui s’établit à Vienne comme compositeur indépendant. Par chance, l’empereur Joseph II entend amener l’opéra allemand au niveau de celui italien, L’enlèvement au sérail sera le premier opéra en allemand de Mozart sur le livret de Johann Gottlied Stephanie, dit le Jeune, d’après la pièce de Christoph Friedrich Bretzner. Et le jeune musicien d’en faire, de façon régulière, le rapport analytique à son père lui en décrivant fidèlement les différentes étapes et procédés : « La colère d’Osmin tournera de cette façon au comique, parce que j’y emploie la musique turque. Dans le développement de l’air, j’ai fait briller ses belles notes graves… Le passage « Drum beym Barte des Propheten » etc…est dans le même tempo que ce qui précède, mais avec des notes brèves et, comme sa colère augmente toujours, -tandis que l’on s’imaginait que l’air va finir-, l’allegro assai, qui est dans une toute autre mesure et un autre ton, doit faire juste le meilleur effet… Je n’ai pas choisi ici un ton étranger à celui de fa (qui est le ton de l’air) mais un ton apparenté : non le plus voisin, ré mineur, mais le plus éloigné, la mineur. » Vienne, 26 septembre 1781.

Mozart a pu véritablement s’impliquer dans l’écriture même de cet opéra en raison du texte plutôt modeste de Bretzner et du libretto de Gottlieb peu original, il donne ainsi à ses personnages des sentiments plus profonds et des plus touchants.

Par ailleurs, la mode exotique turque de l’époque imprègne les arts européens, ce qui permet la comparaison entre les sociétés « civilisées » et celles des « barbares », L’enlèvement au sérail s’inscrit donc parfaitement dans cette mouvance, néanmoins, Mozart ne cherche pas à imiter une musique turque mais il crée plutôt la sienne. Représenté au Burgtheater de Vienne en 1782, cet opéra est un franc succès, le plus grand que connaîtra Mozart à Vienne du reste. C’est un « foisonnement musical » qui n’avait jamais été entendu auparavant, rappelons-nous la célèbre remarque de l’empereur au sortir de L’enlèvement au sérail : « Trop beau pour nos oreilles, mon cher Mozart et beaucoup trop de notes », ce à quoi Mozart lui aurait répondu : « Sire, pas une de trop. »

Extrait du final de L’enlèvement au sérail dans Amadeus, Milos Forman, 1984.

Pour l’histoire, s’il est besoin de la rappeler, Le jeune seigneur espagnol Belmonte cherche à retrouver sa fiancée Constance capturée par des pirates puis vendue au Pacha Sélim. Avec elle, sa servante Blonde et son amant Pedrillo sont prisonniers de l’odieux Osmin, gardien intraitable du sérail. Pendant que la belle Constante repousse les avances du Pacha, prête à mourir plutôt qu’à céder, Belmonte parvient à s’introduire au palais de Sélim. Il reste à s’enfuir mais ce faisant, les deux couples d’amants sont capturés et voués ainsi à la mort. Coup de théâtre final, le Pacha Sélim leur accorde pardon et liberté.

Enfin, si l’on s’amuse de situations parfaitement extravagantes dans cet ouvrage, on n’en réfléchit pas moins à la condition des femmes et aux rapports entre l’Occident et l’Orient qui résonnent encore étrangement aujourd’hui.

Finalement, L’Enlèvement au sérail fut, à partir de 1790, joué sur plus de quarante scènes européennes, un succès encore non démenti à ce jour. Après La Flûte enchantéeLes Noces de Figaro et Don Giovanni, c’est le quatrième opéra de Mozart appartenant à la série des dix œuvres les plus jouées sur les scènes allemandes.

Très bientôt, sur la scène de l’Opéra Confluence, nous pourrons redécouvrir cet opéra revisité par Emmanuelle Cordoliani dont la mise en scène place le sérail dans un cabaret de Vienne dans les années trente. Une idée originale qui aiguise déjà curiosité et intérêt !

                                                                                             Marianne M.



L’enlèvement au sérail

Dimanche 18 février 2018 à 14h30      
Mardi 20 février à 20h30
Opéra Confluence

Conférence « L’enlèvement au sérail »
par Michel Barruol
Samedi 17 février à 17h
Maison Jean Vilar

Opéra en trois actes
de Wolfgang Amadeus Mozart
Livret de Gottlieb Stephanie
d’après la pièce de Christoph Friedrich Bretzner

Direction Roberto Forés Veses
Direction du Chœur Aurore Marchand
Études musicales Thomas Palmer

Mise en scène Emmanuelle Cordoliani
Chorégraphie Victor Duclos
Scénographie et accessoires Emilie Roy
Costumes Julie Scobeltzine
Lumières Pierre Daubigny

Konstanze Katharine Dain
Blondchen Elisa Cenni

Belmonte Blaise Rantoanina
Pedrillo Cesar Arrieta
Osmin Bastian Nils Gustén
Selim Bassa Stéphane Mercoyrol

Orchestre Régional Avignon-Provence
Chœur de l’Opéra Grand Avignon
Ballet de l’Opéra Grand Avignon

1930, le Tout-Vienne se damne pour une invitation au très select Serail Cabaret. La réputation sulfureuse, de son propriétaire, Selim le mystérieux, l’apatride, le nabab, le Pacha, expliquerait à elle seule ce furieux engouement. Que n’a-t-on pas dit sur le Sérail ? Le Pacha y séquestrerait la Konstanze, se meneuse de revue. Les invités ne pourraient en repartir qu’après s’être acquittés d’une rançon somptuaire…

Tout le monde sait que depuis les débuts au cinéma de son chanteur de charme, Belmonte, tout est sens dessus-dessous au Sérail. Il paraît même que le célèbre duo comique Osmin & Pedrillo est sur le point de se séparer… Mais ce soir, pour une représentation unique, Belmonte revient auréolé de son succès hollywoodiens. Une soirée très privée aux airs de 1001 nuits, sur le toit du Sérail. Bien chanceux sont ceux qui pourront entendre la troupe reconstituée dans le chef d’oeuvre de Mozart… plus heureux encore ceux qui seront aux premières loges pour les retrouvailles de la belle Konstanze et de son premier amour. Ils verront de leurs yeux jusqu’où la passion peut mener le Pacha. Emmanuelle Cordoliani

Nouvelle Production du Centre Lyrique Clermont-Auvergne
En co-production avec l’Opéra de Massy, l’Opéra de Reims
et l’Opéra de Rouen Haute-Normandie



Réservations sur le site internet de l’Opéra Grand Avignon  http://www.operagrandavignon.fr

ou par téléphone :  contactez la Billetterie de l’Opéra Grand Avignon
au 04 90 14 26 40

Durée : 3h00

Tarif à partir de 12 euros

 

 

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