Mois: septembre 2018

Audrey Schebat nous parle de La Perruche, la première pièce qu’elle écrit et met en scène…

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Elle est scénariste, réalisatrice, autrice et mettrice en scène (c’était phonétiquement tentant ! mais dans un désir de trancher au vif la question épineuse du juste féminin de ces appellations d’abord masculines, j’emploierai volontiers les formes canadiennes d’auteure et de metteure en scène (Ouf ! voilà qui nous rapproche de la douceur, voire du bonheur des mots retrouvés !). Forte de ces qualifications, Audrey Schebat semble tirer habilement les différentes cordes des arts du spectacle, du cinéma et de la littérature avec un talent certain pour emmener son public vers des introspections nécessaires à sa bonne vitalité mentale ! Si, selon Eugène Ionesco, « Pour s’arracher au quotidien, à l’habitude, à la paresse mentale qui nous cache l’étrangeté du monde, il faut recevoir comme un véritable coup de matraque… », nul doute que l’on puisse oser ici un rapprochement entre les mots du dramaturge et cette première pièce d’Audrey Schebat   qui laisse la vérité nue et crue entrer dans la sphère du couple si fortifiée de mensonges et de dénis. De l’idée à la réalisation, les écueils étaient nombreux, Audrey Schebat a su les dépasser avec une énergie inébranlable !

Scénariste et réalisatrice pour le cinéma, la télévision, volontiers du côté des documentaires également, à présent le théâtre, Audrey Schebat aurait-elle cet impérieux besoin d’explorer tous les genres ?

 En effet, et cela correspond au rêve de la petite fille que j’étais. Je voulais alors faire des films de chaque genre, un désir qui vient de loin en fait car l’écriture faisait déjà partie de mes activités enfantines. Sans doute le déclencheur a-t-il été cette première immersion dans le monde du spectacle avec une pièce que j’ai vue vers l’âge de cinq ans, Les peines de cœur d’une chatte anglaisemise en scène par Alfredo Arias au Montparnasse (d’après la nouvelle de Honoré de Balzac). Très certainement plus saisie d’émerveillement que d’autres, le rideau final m’a trouvée quasiment hystérique, rampant sous les sièges, furieuse de ne pas pouvoir rejoindre ces êtres de fiction qui me laissaient à une réalité qui me semblait bien moins intéressante que me paraissait l’être ce monde imaginaire ! De là est née l’obsession des coulisses ! C’est précisément à ce moment que, sans en connaître le sens véritable, je décidai d’être metteure en scène de théâtre ! Plus tard, vers neuf ans, j’ai vu Les fraises sauvagesd’Ingmar Bergman, ce sont certains plans du film assez choquants qui m’ont fait comprendre que je ne pourrai faire de même au théâtre ainsi l’obsession pour le cinéma commence-t-elle véritablement à ce moment-là.

Mon attirance allait aussi bien vers les films d’horreur, qu’à la Final Fantasy, ou à la comédie pure et autre, donc cette envie déjà de faire plus tard des films de chaque genre. Ainsi aujourd’hui, tout n’est pas encore sondé et je poursuis cette exploration cinématographique plurielle qui m’est nécessaire.

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Rencontres et conférences de l’Opéra Grand Avignon.

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Précédant chaque oeuvre opératique, l’Opéra Grand Avignon propose une conférence juste avant  la Première.

Les conférences ont lieu le samedi à 17h00 à la Maison Jean Vilar à Avignon. L’entrée y est libre, la convivialité est au rendez-vous également…

Le nozze di Figaro Mozart

Samedi 20 octobre – 17h avec Michel Barruol

« De l’audace, encore de l’audace… » Il en fallait à l’époque pour mettre en musique la pièce de Beaumarchais, interdite par tous les souverains d’Europe ! Certes, Da Ponte modère les propos les plus violents pour passer l’épreuve de la censure, mais la comparaison entre la pièce et le livret de l’opéra montre l’insolence permanente des vers chantés par les interprètes de Mozart. Les situa ons qu’il campe, les rapports sociaux qu’il décrit, les transgressions qu’il met en scène sont une charge virulente contre l’Ancien Régime. Mais Mo- zart choisit aussi la vérité du cœur, celle des femmes pour dénoncer la barbarie de l’ordre social : la Comtesse demande à ses domestiques de punir son époux. C’est par la voix des femmes que la vérité et le propos politique de l’œuvre se réalisent. C’est là toute la finesse de Mozart : contre l’ordre patriarcal, contre le système machiste…Mozart a choisi délibérément le parti de ses héroïnes. Pour cette folle journée qui brasse les classes et les cœurs, Mozart compose une musique inouïe, étourdissante, pleine d’esprit, de grâce et de vitalité. Et toujours de l’audace ! M. Barruol


L’Opéra de quat’sous Weil-Breicht

Samedi 24 novembre – 17h avec Marielle Khouri

Adaptation de l’Opéra du gueux (The Beggar’s Opera, 1728) de John Gay et Johann Christoph Pepusch qui y parodiaient l’opéra haendelien, l’Opéra de quat’sous (Die Dreigroschenoper, 1928) de Berthold Brecht et Kurt Weill nous invite à explorer les sources fécondes de la comédie musicale, empreinte de satire sociale et politique, de Londres à New York en passant par Berlin. Marielle Khouri


 La Bohème Puccini

Samedi 12 janvier – 17h avec Marc Andrieu

En signant cet ouvrage mondialement connu Puccini poursuit le travail de modernisation de l’opéra italien initié par Verdi. L’unité de l’œuvre, la fluidité de la musique, les percées symphoniques de l’orchestre, tout concourt à la dramatisation du récit. Du court récit pittoresque d’Henri Murger Scènes de la vie de bohème qui décrit le petit milieu artistique de Montmartre se débattant entre rêve et pauvreté Puccini tire un chef d’œuvre lyrique magnifique débordant d’émotion. Sur une histoire qualifiée par certains de livret pour midinette d’avant-guerre Puccini nous livre du rire aux larmes, une vision contrastée de cette vie de bohème. Sa musique en sublime l’inaltérable fragilité. Le roman de Murger et son contexte historique, ses différentes adaptations à l’écran seront également abordées lors de cette conférence. Marc Andrieu


Il mondo alla roversa Galuppi-Goldoni

Samedi 2 février – 17h avec Marielle Khouri

Avec Il mondo alla roversa (1950), Carlo Goldoni et Baldassare Galuppi introduisent à l’opéra le topos traditionnel du monde renversé, dont les figures variées, héritées de l’antiquité grecque, traversent la création artistique et littéraire occidentale du Moyen Age au XVIIIème siècle. Depuis L’Assemblée des femmes d’Aristophane, que viennent dire les femmes au pouvoir sur scène ? Marielle Khouri


L’elisir d’amore Donize

Samedi 18 mai – 17h avec Simon Calamel

L’elisir d’amore est un opéra qui tient une place un peu à part dans l’œuvre de Donizetti. Le thème est léger, parfois burlesque, alors que dans la forme, le compositeur développe une technique aboutie de l’art lyrique, un sommet de charme et de finesse. Avant de découvrir – ou redécouvrir – cette pièce, le spectateur peut s’interroger sur les sources d’inspiration du librettiste Felice Romani (puisées du côté du prolifique Eugène Scribe) et sur la fulgurance d’un musicien de génie qui compose sa partition en deux semaines seulement. À l’écoute de quelques passages choisis, on découvrira dans cette conférence l’équilibre délicat que Donize instaure entre la légèreté d’une comédie bucolique et la complexité d’une partition ciselée. Le tout pour mieux souligner, avec humour, les travers humains et les sentiments les plus doux. Simon Calamel


 

Les conférences sont présentées en partenariat avec la Maison Jean Vilar –

8 rue de Mons – AVIGNON – maisonjeanvilar.org / 04.90.27.22.81.