La Perruche d’Audrey Schebat… à l’heure de l’envol….

LA PERRUCHE copyright Celine Nieszawer 1

L’heure des comptes où on ne se la conte plus…

Un décor réduit aux seuls contours d’un dîner entre amis ; table, chaises, canapé et table basse suffiront donc à souligner l’essentiel de ce qui aurait dû être un moment de convivialité à partager entre deux couples mais voilà, David et Catherine ne viendront pas ce soir ! Cambriolage ou autre, peu importe, leur absence amène notre couple d’hôtes à se retrouver dans un face à face assujetti de commentaires plus ou moins acerbes.

Quelle mouche pique cette bourgeoise quadragénaire ? Il suffit de taire cette fois encore la voix qui veut se faire entendre pour aller se coucher comme le propose le mari plutôt exaspéré mais c’était sans compter, cette fois, le couperet fatidique de ce genre de liaisons ici dangereuses ! Car enfin, que peut-on espérer après vingt années passées ensemble ?

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C’est bien à cette question qu’Audrey Schébat tente de nous répondre ce soir avec l’un de ces regards qui ne cille pas mais qui ose, au contraire, rester ouvert vers les quelques vérités qu’elle choisit de lancer dans un duo-duel bien ficelé de mots à maux.

Témoins de cet instant de vérité, nous suivons les aveux d’inconstance plus ou moins assumée du mari assis sous la lumière crue de l’interrogatoire. Au classique « tu ne me regardes plus », le mari oppose l’inquiétante sincérité « comment veux-tu que je te regarde puisque je te vois tout le temps ! » Amen ! la messe est dite ! Qu’est-ce qu’on espère dans le couple ? La nuit ne portera pas conseil, elle déportera plutôt les amours mortes d’avoir ignoré ce que l’on pouvait être réellement en dehors du couple.

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Audrey Schebat épure l’écriture, les répliques s’enchainent dans une ironie parfois mordante, et la sotte bourgeoise révèle progressivement une personnalité plus marquée au désavantage manifeste d’un mari qui perd pied. C’est la révolution au salon qui peint celles que l’on étouffe au dehors. Le public rit volontiers à la mauvaise foi de l’un comme aux vérités assassines de l’autre, mais au fond chacun peut y reconnaître des pans de sa propre histoire, car enfin, « Ne pas se rendre au théâtre, c’est comme faire sa toilette sans miroir » nous rappelle Schopenhauer !

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Barbara Schulz et Arié Elmaleh incarnent avec une grande justesse ce couple emporté dans un réquisitoire sans plaidoirie ou si peu marquée. La complicité entre les deux comédiens est une évidence, la mise en scène est sobre mais qu’est-il besoin d’en faire davantage à l’heure du bilan au fond ?

On pourra cependant regretter que ce désir de sonder le couple à l’heure du constat reste assez typique sans que rien ne vienne véritablement nous surprendre, mais sans doute sera-t-il suffisant pour éveiller quelques consciences endormies afin d’échapper au drame du couple apathique !

                                                                                              Marianne M.

Photographies Céline Nieszawer

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