Le Nozze di Figaro…D’après la Folle journée ou le mariage de Figaro…

Locandina Nozze di figaro Locandina Opera Le Nozze di Figaro Bur

Le Nozze di Figaro, un opéra bouffe des plus fameux avec l’un de ses premiers représentants tout à fait mythiques ; Figaro !

Wolfgang Amadeus Mozart découvre la pièce de Beaumarchais ; La Folle journée ou le mariage de Figaro deux ans avant d’en faire un opéra, soit en 1784. Les censures n’ont pas manqué pour l’insolent auteur de la pièce écrite en 1778, donnée enfin six ans plus tard, après bien des refus et un veto royal répété, le texte étant jugé subversif aussi bien à la cour de France que, un peu plus tard, à celle de Vienne. Le début du célèbre monologue de Figaro ne laisse aucun doute sur la révolte qui l’anime ! « Parce que vous êtes un grand seigneur, vous vous croyez un grand génie !…Noblesse, fortune, un rang, des places, tout cela rend si fier ! Qu’avez-vous fait pour tant de biens ? Vous vous êtes donné la peine de naître, et rien de plus. Du reste, homme assez ordinaire ! tandis que moi, morbleu ! perdu dans la foule obscure, il m’a fallu déployer plus de science et de calculs, pour subsister seulement, qu’on en a mis depuis cent ans à gouverner les Espagnes… ». Des mots qui trouveront peu de temps après un formidable et retentissant écho contre les murs de la Bastille. Pour l’heure et sur les planches, Figaro, figure de la liberté individuelle, a déjà séduit le plus grand nombre qui retrouve ainsi le roturier optimiste du Barbier de Séville, (premier volet du roman de la famille Almaviva).

1653515534_small       220px-Jean-Marc_Nattier,_Portrait_de_Pierre-Augustin_Caron_de_Beaumarchais_(1755)

 Néanmoins, la période n’invite pas encore à donner à un simple valet, aussi fin et comique fût-il, des propos contestataires qui remettent en cause l’autorité de son maître ! Pourtant, l’empereur Joseph II accepte une version italienne de la pièce, épurée de ses propos séditieux.

Sachant ce que l’histoire retient de Mozart, on peut se demander à juste titre si ce n’est pas le parfum de scandale qui accompagne la pièce qui l’aurait amené à vouloir en faire un opéra !

Et si celui-ci connaît tout d’abord un succès plus que mince à Vienne, lors de sa création en 1786, c’est ensuite à Prague qu’il rencontrera une fortune plus favorable ; « Ici, on ne parle que de Figaro, on ne joue, on ne chante, ne siffle que Figaro » confie un Mozart enthousiaste, venu sur place en 1787 constater le triomphe de Figaro. Un succès qui sera d’ailleurs à l’origine de la commande de Don Giovanni.

C’est à Lorenzo da Ponte, le « poète impérial » de la cour de Joseph II, que Mozart confie la réalisation du livret. Le librettiste italien n’est pas exempt, du reste, d’une vie mouvementée et intense peu banale, les deux artistes sont faits pour s’entendre et de leur travail commun naîtront deux autres œuvres majeures ; Don Giovanni en 1787 et Così fan tutte en 1790.

illustration-requiem-de-mozart_1-1520207940             lorenzo_da_ponte

Si paradoxalement ce même Joseph II avait fait interdire au théâtre de Vienne, à l’instar de Louis XVI à Paris, la pièce de Beaumarchais en 1785, il accepta sans difficulté le livret de Ponte avant même que Mozart n’en compose la musique. Il est vrai que le librettiste eut soin de revisiter l’œuvre initiale afin d’en gommer les allusions politiques plus ou moins explicites et qu’il sut persuader l’empereur avec beaucoup d’habileté.

La pièce et l’opéra sont en fait assez proches, non seulement par un preste tempo qui évoque bien La folle journée mais encore avec une semblable intention de critiquer les injustices sociales et les excès de pouvoir.

L’opéra est réalisé sur un rythme non moins rapide que ne l’est le contenu de la pièce puisqu’il faudra moins de deux mois aux deux maîtres pour en réaliser les quatre actes au lieu des cinq du Mariage de Figaro. Les personnages sont en place ; Figaro, valet du comte Almaviva et Susanna, servante de la comtesse entendent préparer leur mariage en dépit des vues du comte sur la future mariée, Figaro inquiet d’un retour du droit de cuissage entend bien ne pas laisser le comte agir.

Suivent les intrigues secondaires soutenues par différents personnages, citons quelques-uns d’entre eux avec, par exemple la gouvernante Marcellina rappelant à Figaro sa promesse de mariage, le petit page Cherubino épris de toutes les femmes, la comtesse délaissée qui saura intriguer pour raviver la flamme du comte, Barbarina, la fille du jardinier, qui involontairement poussera Figaro dans les affres les plus pénibles de la jalousie, autant de quiproquos qui entraînent dans un rythme endiablé tout ce petit monde propre à la commedia dell’arte vers le dénouement heureux de la comédie.

0a701b7d9b9f104e4e30d14dc8f22dc4

Mais que l’on ne s’y trompe pas, derrière cette légèreté apparente, Le Nozze di Figaro conservent, malgré les quelques coupures et arrangements de Da Ponte, l’essentiel du propos factieux. Figaro demeure ainsi le personnage central qui mène l’action en luttant contre le comte, lequel tout noble de son état se voit réduit au rang des personnages secondaires et si le valet ne chante pas les paroles prérévolutionnaires de la pièce de Beaumarchais, « Vous vous êtes donné la peine de naître et rien de plus », il n’en déclame pas moins ; « S’il veut danser, monsieur le petit comte, c’est moi qui jouerai de la guitare. S’il veut se mettre à mon école, c’est la cabriole que je lui apprendrai ». Voilà un noble ramené à peu de chose somme toute !

Finalement, Da Ponte et Mozart ont conservé les traits de caractère du valet impertinent de la comédie qui ose dire tout haut ce que tous subissent tout bas, de fait il devient rapidement l’interprète de tous les opprimés ;

Outre la guerre des classes, Da Ponte et Mozart réservent une place de choix aux femmes ici puisque c’est par elles au fond que justice se fait. Ainsi, elles font fi de leur condition sociale respective pour s’unir contre l’injustice qui leur est faite et, à force de manœuvres et dans une solidarité certaine, elles combattent de pair avec une efficacité redoutable contre l’ascendant des hommes, Mozart leur laisse les rênes des deux derniers actes où les jeux de déguisements, les échanges de personnes, les coups de théâtre leur prêtent une finesse d’esprit et une ferme détermination à lutter pour leur droit au respect, ce qui force le nôtre lorsque l’on songe à la condition des femmes en cette fin de XVIIème siècle.

mozart_family          Memoires-1749-1838

Enfin, c’est sans doute dans la rencontre du texte de Da Ponte et de la musique de Mozart qu’il faut voir toute la grandeur de cet opéra, Lorenzo Da Ponte, poète talentueux dont les vers s’adaptèrent si bien à la musique du génie de Mozart. Quelques mots extraits des Mémoires du librettiste qui répondait ainsi à l’empereur Joseph II nous confirme cette impression : « …Je le sais ; mais, ayant transformé cette comédie en opéra, j’en ai retranché des scènes entières, j’en ai abrégé d’autres, et je me suis appliqué surtout à faire disparaître tout ce qui pouvait choquer les convenances et le bon goût ; en un mot, j’en ai fait une œuvre digne d’un théâtre que sa majesté honore de sa protection. Quant à la musique, autant que je puisse en juger, elle me semble un chef-d’œuvre ».

                                                                                                             Marianne M.



  • INFOS PRATIQUES
    • DATES
    Dimanche 21 octobre 2018 à 14h30
    Mardi 23 octobre 2018 à 20h30
    A l’Opéra Confluence – Avignon
  • Tarifs : A partir de 15 euros
  • Durée : 3h30CONFÉRENCE
    « Les noces de Figaro »
    par Michel Barruol
    > Samedi 20 octobre à 17h
    Maison Jean Vilar – Avignon
    Entrée libre

Opéra-bouffe en quatre actes
de Wolfgang Amadeus Mozart
Livret de Lorenzo da Ponte
d’après la comédie de Beaumarchais
La Folle journée ou Le Mariage de Figaro

Direction musicale et piano forte
Carlos Aragon
Mise en scène et décors Stephan Grögler
Assistante à la mise en scène
Bénédicte Debilly
Costumes Véronique Seymat
Création lumières Gaëtan Seurre

Contessa Almaviva Maria Miro
Suzanna Norma Nahoun
Cherubino Albane Carrère
Marcellina Jeanne-Marie Lévy
Barbarina Sara Gouzy
Conte Almaviva David Lagares
Figaro Yoann Dubruque
Dottore Bartolo / Antonio Yuri Kissin
Don Basilio / Don Curzio Eric Vignau
Le contadine Runpu Wang, Ségolène Bolard

Orchestre Régional Avignon-Provence
Chœur de l’Opéra Grand Avignon

Au château du comte Almaviva, une folle journée s’annonce. Son valet Figaro et la servante Suzanne préparent leurs noces. Leur bonheur est de courte durée et ternit par l’insolence du comte qui défie Figaro en imposant son « droit de cuissage ». À force d’imagination, et de pièges ingénieux, les deux amoureux, aidés de la comtesse agacée par son mari volage, vont faire tomber les masques et mettre les cœurs à nu.
L’opéra fut créé à Vienne en 1786. Divisé en 4 actes, il représente également la première collaboration entre Mozart et le poète Lorenzo Da Ponte.

En co-réalisation avec l’Opéra de Rouen Normandie



Réservations sur le site internet de l’Opéra Grand Avignon  http://www.operagrandavignon.fr

ou par téléphone :  contactez la Billetterie de l’Opéra Grand Avignon
au 04 90 14 26 40

Durée : 3h30

Tarif à partir de 15 euros

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s