Orphée aux Enfers, le public au paradis…

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Descendons joyeusement aux Enfers avec Orphée dans une musique allègre dirigée par la main de maître de Dominique Trottein ! En cette fin d’année 2018, tout concourt à donner la primeur à la légèreté, du moins dans la sphère chaleureuse de l’Opéra-Confluence (sic !). L’ouvrage d’Offenbach y est défendu par une Nadine Duffaut tour à tour espiègle et éclairée si ce n’est éclairante pour ceux qui auront suivi les nombreux signes liés à notre actualité, ou plus largement, à des réalités permanentes !

Pour suivre le fil narratif, s’il est encore besoin de le dérouler, le mythe d’Orphée se tisse à contrario, le chantre le plus célèbre de la Grèce antique se fait une joie ici de se débarrasser d’une Eurydice elle-même tout à la détestation de son violoneux de mari auquel elle préfère le bellâtre Aristée-Pluton. Tout serait parfait si l’Opinion Publique n’obligeait le « veuf joyeux » à aller récupérer sa femme aux Enfers où celle-ci est du reste délaissée et plutôt courtisée par son coquin de geôlier. Les rives du Styx vont alors devenir le lieu de réunion finale des dieux olympiens pour qui rien ne va plus depuis leur révolte menée par Pluton ! Jupiter s’éprend à son tour d’Eurydice et, métamorphosé une fois de plus, c’est en mouche qu’il fait sa cour à la belle mortelle ! Le maître des dieux doit cependant la céder à Orphée qui bien sûr la perd à son tour…

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Si Offenbach, en mauvais garçon qu’il est, plus adepte des bordels que des maisons sérieuses, déplace à loisir la fable vers des phantasmes et des allégories tout personnels, nul doute que le décor et les costumes, voire quelques modifications dans le texte initial, ne permettent à Nadine Duffaut d’en faire tout autant. Les décors d’Eric Chevalier et les costumes de Katia Duflot mêlent un peuple de commerçants, d’officiants, de représentants de l’ordre mais aussi de « puissants » qui rappellent que « les mortels ont l’œil sur nous, nous devons sauver les apparences » (sic bis !).

Il est donc évident que pour traduire au mieux ce capharnaüm humain et divin, la scène ressemble également à un brouillamini flagrant qui passe de l’émeute à la bacchanale finale, une pagaille voulue que l’on reprochera sans doute à Nadine Duffaut.

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Dans cette mêlée, les voix enchantent un public déjà conquis et attentif, il constate ainsi que Julie Fuchs-Eurydice n’a rien perdu de son charme vocal et de sa présence scénique gracieuse. Près d’elle, Samy Camps donne à Orphée une élégance physique et sonore certaine. Florian Laconi l’emporte irrésistiblement d’un rôle à l’autre dans lesquels il glisse avec une rare aisance et avec cette virtuosité vocale qui est la sienne. Comment ne pas retenir Amélie Robins, facétieux Cupidon, Caroline Mutel qu’il retrouve avec bonheur dans le rôle de Vénus ou encore Sarah Laulan qui campe admirablement l’Opinion Publique… Il faudrait citer ici tous les acteurs de cette production pour rendre plus justement la saveur de cette soirée pétillante, rappeler que près des chanteurs c’est une multiplication d’artistes avec les danseurs du Ballet de l’Opéra-Grand-Avignon, le Chœur d’Aurore Marchand, les enfants musiciens du Conservatoire du Grand Avignon, les enfants de la maîtrise de l’Opéra-Grand-Avignon et, naturellement, l’Orchestre Régional Avignon-Provence, tout cela éclairé savamment par Philippe Grosperrin. Un nombre confondant de talents qui résume au mieux une année riche en évènements et qui en augure une non moins éclatante à venir !

                                                                                               Marianne Millet

Photographies : Cédric Delestrade/ACM-STUDIO



Orphée aux enfers

  • DATES

Vendredi 28 décembre 2018 à 20h30
Dimanche 30 décembre 2018 à 14h30
Lundi 31 décembre 2018 à 20h30
A l’Opéra Confluence – Avignon

  • INFOS PRATIQUES
  • Tarifs : A partir de 13 euros
  • Durée : 3h
Opéra-bouffe en deux actes et quatre tableaux

de Jacques Offenbach
Livret d’Hector Crémieux et Ludovic Halévy
Direction musicale Dominique Trottein
Mise en scène Nadine Duffaut
Chorégraphie Éric Belaud
Décors Éric Chevalier
Costumes Katia Duflot
Lumières Philippe Grosperrin

Eurydice Julie Fuchs
L’Opinion publique Sarah Laulan
Cupidon Amélie Robins
Vénus Caroline Mutel
Diane Caroline Géa
Junon Jeanne-Marie Lévy
Minerve Raphaèle Andrieu

Orphée Samy Camps
Jupiter Francis Dudziak
Pluton/Aristée Florian Laconi
John Styx Jacques Lemaire
Mercure Éric Vignau
Mars Alain Iltis

Chœur et Ballet de l’Opéra Grand Avignon
Orchestre Régional Avignon-Provence

Créé en 1858, Orphée aux Enfers est le premier ouvrage important donné aux Bouffes-Parisiens. Avant cela, Offenbach ne pouvait légalementcomposer que des ouvrages en un acte, avec un petit nombre de chanteurs, et pas de chœurs. L’élargissement des privilèges du théâtre, suite au succès des ouvrages précédents, permet enfin au compositeur deconcevoir une œuvre de plus grande envergure.
Jacques Offenbach a le génie et l’audace de poser son regard satyrique sur un sujet tabou : le mythe d’Orphée, fondateur de l’opéra. Après quelques soirs, l’« opéra-bouffon » trouve sa vitesse de croisière en même temps qu’un succès public incontestable : deux cent vingt huit représentations sont données la première année, un nouveau genre est né !

Nouvelle production
En co-production avec l’Opéra de Reims et l’Opéra de Marseille



Réservations sur le site internet de l’Opéra Grand Avignon  http://www.operagrandavignon.fr

ou par téléphone :  contactez la Billetterie de l’Opéra Grand Avignon
au 04 90 14 26 40

Durée : 3h00

Tarif à partir de 13 euros

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