Mois: avril 2019

Mireille Larroche, femme engagée, femme artistiquement sincère, femme de la Cité au sens le plus noble du terme…

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Mireille Larroche, l’éventail de votre formation première est assez large ; des études de philosophie de lettres et de théâtre en en explorant, pour ces dernières, bien des aspects. Est-ce cette diversité initiale qui vous a poussée vers le genre opératique qui convoque lui-même plusieurs formes artistiques ?

 Cette venue dans l’opéra est guidée quasiment par le hasard au départ, j’ajouterai à votre juste vision des choses, un engagement politique au vrai sens du terme comme l’étaient également mes parents sans appartenir cependant à un quelconque parti politique (la politique commeune vision de la cité d’après la conception aristotélicienne et non celle d’un programme électoral). Donc mon désir de faire du théâtre s’est complètement lié à cet engagement, avec la question de savoir quoi faire dans la cité, dans la société, comment m’y engager véritablement avec cette idée qu’il fallait également dépasser la ville de Paris que j’aime et dans laquelle je vis. Ainsi, monter une compagnie et faire des tournées est devenu une évidence, avoir son outil de travail et qu’il soit de même itinérant, voilà ce qui a amené à la création de la péniche théâtre de 1975 à 1982 avec de nombreuses musiques puisqu’il y avait Jean-Paul Faré. Ensuite, nous avons eu envie de monter des œuvres d’auteurs contemporains, on nous a donc guidés vers le théâtre musical à Avignon où nous sommes venus dans le cadre du Festival IN et où nous avons rencontré tous les grands compositeurs du théâtre musical qui étaient intéressés également par la dramaturgie. Je suis ainsi venue à l’opéra dans la perspective de monter un ouvrage contemporain qui passait par le théâtre et la musique, de là, ce sont des opéras-comiques, de la musique ancienne, enfin tout ce qui lie à la fois le théâtre et la musique, tous ces répertoires de musique où le théâtre et la musique sont liés bien plus que dans le grand opéra du XIXème siècle dans lequel il y a une sorte de séparation due à la technique bien que j’y sois venue pendant que nous étions en résidence, par exemple à l’Opéra-Comique de Paris pendant neuf ans et quelque sept années à l’Opéra de Toulon entre autre. Sans compter les mises en scène qui m’étaient commandées et pour lesquelles j’arrivais avec mon équipe artistique et qui n’étaient pas vraiment une coproduction de la Péniche-Opéra. Dans ces grandes maisons, si l’on ne choisit pas ses interprètes, on peut retenir son équipe artistique ; scénographe, costumier, éclairagiste, chorégraphe… La vocation de la Péniche n’était pas de faire du grand répertoire ou alors il s’agissait d’œuvres atypiques ; L’Oie du Caire de Mozart par exemple qui est un opéra-bouffe peu connu, voire inconnu ou bien Ubu, opéra et bien d’autres.

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De Louis Ganne aux saltimbanques, une mouvance artistique…

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Le musicien plébéien

Buxières-les-Mines, petite commune française dans le département de l’Allier, actuellement un peu plus de 1000 habitants, plus du double dans cette fin du XIXème siècle qui nous intéresse car en effet, c’est précisément dans ce qui était alors une vaste exploitation de mines de charbon qu’allait naître le petit Gustave Louis Ganne. Nommé pour l’instant Buxières-la-Grue jusqu’en 1880, ce petit bourg d’Auvergne compte donc, en ce jour du 5 avril 1862 non seulement un habitant supplémentaire mais encore un compositeur français en devenir dont l’inoubliable opérette Les Saltimbanques, créée en 1899 ou encore La Marche Lorraine sept ans plus tôt qui allaient faire du musicien un compositeur reconnu.

Louis a sept ans lorsque son père meurt au fond de la mine, sa mère part pour Paris où il sera plus aisé de subvenir à leurs besoins à présent. C’est dans une école chrétienne de Issy-les-Moulineaux dans laquelle il a été confié que l’on s’aperçoit bien vite de son talent que les pères encouragent. Louis leur compose toute une messe à la fin de ses études lycéennes, il entre peu après au Conservatoire national de Paris où il remportera le premier prix en classe d’harmonie et le second d’orgue avec César Franck en 1881. Il a tout juste 19 ans et semble promis à un avenir brillant et dans un répertoire « sérieux », pourtant c’est vers une musique qualifiée de plus « légère » qu’il préfère se diriger. Il va donc composer tour à tour des chansons, des marches militaires, des musiques pour danser et des opérettes qui vont le rendre célèbre dès le siècle finissant et c’est avec Les Saltimbanques, opérette en trois actes, qu’il triomphe en ouvrant le XXème siècle sur des mélodies tendres et romanesques le 30 décembre 1899 au théâtre de la Gaîté à Paris.

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