Mois: décembre 2019

Julien Lubek et Cécile Roussat sur un air de Flûte enchantée !

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Julien Lubek ; comédien et metteur en scène, néanmoins la palette d’activités semble bien plus colorée ! Ajoutons, selon les besoins, les fonctions de professeur de mime, de directeur artistique, d’auteur, de costumier et j’en passe !

 En effet ! Cependant pour envisager tout cela, c’est à quatre bras qu’il faut le comprendre ! Nous menons tout de front avec Cécile Roussat, elle est ma compagne, mon double depuis vingt ans. Nous travaillons ensemble dans chacun de nos projets, qu’ils s’inscrivent dans notre compagnie de théâtre visuel ou à l’Opéra. Notre formation initiale est l’art du mime. C’est auprès de Marcel Marceau, avec lequel nous étudiions le mime, que nous nous sommes rencontrés. Il s’agit d’un art sans répertoire puisque sans texte et c’est sans doute cet aspect artistique particulier qui nous a poussés à devenir rapidement des créateurs. C’est ainsi que peu à peu nous avons ressenti le besoin d’avoir une vision plus globale pour aller vers la cohérence de toute démarche artistique. Nous avons donc tenté de travailler avec différents collaborateurs dont les maitrises des costumes, des lumières, de la scénographie et autre sont plus solides. Néanmoins, tout cela exige nombreuses discussions, une énergie également démultipliée et peut-être un temps précieux quelque peu perdu dans diverses négociations afin de rapprocher des univers artistiques éloignés, ce qui nous a amenés peu à peu à nous intéresser à tout cela. Il en va différemment bien sûr dans les maisons d’Opéras où les compétences en ces matières sont assises et où nous avons la possibilité de voir réaliser nos maquettes et notre scénographie.

 Comment passer de Sciences Po à l’Ecole internationale du Mime Marceau, poursuivre avec l’Ecole d’art Dramatique et celle du Cirque quand ce n’est pas quelques écoles de magie ou de danse ?!!

 J’avais d’abord suivi une voie qui n’était pas la mienne, influencé en cela par mon milieu socio-culturel, il était plus simple alors d’emboiter le pas familial avec HEC et Sciences Po, cependant j’ai assez rapidement senti un profond malaise, ce que je faisais ne me correspondait en aucune manière et je m’étiolais littéralement dans des études en contradiction avec mon moi profond. J’avais, un peu par hasard, rencontré l’art du mime dans un cours de quartier et dont l’animateur, assez âgé du reste, se trouvait être un ami d’enfance du Mime Marceau. C’est donc lui qui m’a indiqué que Marcel Marceau tenait un cours à Paris dans lequel on se formait à l’acrobatie, la danse classique et l’art du mime bien entendu. En 1999, je décidai d’y entrer. Marcel Marceau était, il est vrai, un grand maitre mais peu pédagogue, il nous montrait davantage ce qu’il faisait plutôt que ce que nous aurions pu faire ! Malgré tout, c’était très généreux à lui de nous enseigner son savoir-faire et dans cette école, d’autres professeurs analysaient avec précision son art qu’ils nous transmettaient fidèlement tout en laissant une large part à nos propres créations dans différents ateliers pour ce faire. Je pense en particulier à Emmanuel Vacca, professeur, mais également très grand interprète dont nombre de ses spectacles ont été donnés des centaines de fois dans le cadre du Festival d’Avignon par exemple. Il avait cette capacité de nous amener vers nos propres créations.

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La Flûte enchantée de Wolfgang Amadeus Mozart, du conte particulier au charme universel…

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Quelques éléments pour une brève biographie de Wolfgang Amadeus Mozart ont déjà été publiés lors des représentations de L’Enlèvement au sérail à l’Opéra Grand Avignon en février 2018. la mise en scène était assurée par Emmanuelle Cordoliani.

https://parolesdopera.com/2018/02/02/lenlevement-au-serail-lopera-du-jeune-mozart-dans-toute-sa-force-dramatique/#more-571

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Inspiré de quelques contes allemands, La Flûte enchantée, du titre original de Die Zauberflöte, est un opéra en deux actes, créé le 30 septembre 1791 à Vienne, au théâtre de Schikaneder où se presse un public plutôt populaire mais que ne boude pas l’empereur lui-même. En cet automne 1791, nous sommes quelque deux mois avant que Mozart ne quitte définitivement la scène d’un monde peu favorable à l’artiste fragilisé par des soucis financiers depuis l’échec de son dernier opéra un an plus tôt : Cosi fan tutte. Joseph II est mort et, avec lui, la protection essentielle au compositeur a disparu également et ce n’est pas Léopold II, qui n’apprécie guère sa musique, qui va pouvoir lui apporter le soutien dont il a cruellement besoin.

C’est au printemps 1791, qu’Emanuel Schikaneder, directeur alors du Theater auf der Wiedenet « frère maçon » de Mozart, lui passe commande d’un opéra dont il a écrit le livret, se réservant pour lui-même le rôle de l’homme-oiseau Papageno, Mozart prend une part active également dans la rédaction de l’intrigue. Le compositeur est ravi, il rêvait d’un grand opéra allemand après la série de ceux composés en italien, il sent qu’il va pouvoir s’exprimer pleinement dans ce nouvel ouvrage. Pendant la composition de cette œuvre, Mozart recevra de même la commande d’une Messe des Morts dont le commanditaire gardera l’anonymat, dernière musique composée et inachevée par le  musicien mourant, le Requiem suscite depuis, nombreuses légendes quant à l’identité de son financeur et à la part qu’y prit réellement Mozart puisque sa femme Constance en demanda la suite et l’achèvement à trois autres musiciens.

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« La vie rêvée » d’une soprano, rencontre avec Ludivine Gombert…

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Ludivine Gombert, si nous repartions au début de votre vie de chanteuse afin d’en connaître les premières motivations ?

 Le désir de chanter est ancré solidement du plus loin que je me souvienne, non seulement de chanter mais également de m’imaginer sur une scène, je me revois ainsi dans ma chambre d’enfant dans laquelle il y avait un gros coffre en bois dont le plateau me servait de scène ! Alors que j’avais six ans, une chaine Hifi m’a été offerte et avec elle, la liberté d’écouter ce que je voulais dans mon espace, disques et cassettes filaient les chansons de variétés sur lesquelles je chantais. Le chant était alors un moyen de rejoindre ce père guitariste de jazz que je ne voyais que rarement. Les disques qu’enregistrait mon père et qu’il me donnait par la suite demeuraient le fil ténu de notre accord fille-père. J’écrivais également des textes sur sa musique pour communiquer avec lui, je les chantais, les paroles de la petite fille que j’étais alors étaient réduites au cri d’un cœur qui appelle l’absent, le chant et la musique bâtissant ce pont que je franchissais mentalement pour le rejoindre. L’avenir finirait par montrer que la musique serait, comme elle l’est aujourd’hui, le moyen de nous rapprocher et d’avoir cet échange à travers elle.

Donc, j’ai commencé très tôt de cette façon et, comme beaucoup d’enfants, nous montions des spectacles avec mes cousins pour nous produire dans la sphère familiale, notamment devant ma grand-mère qui s’occupait beaucoup de moi, la scène m’attirait déjà fortement !

Je crois savoir que vos aptitudes musicales ont été remarquées alors que vous commenciez à peine vos études au collège ?

Oui, c’est mon professeur de musique au collège qui fut sans doute sensible à mon univers particulier qui dénotait avec l’ensemble de la classe, elle avait une certaine rigueur qui me convenait tout à fait, et c’est à l’occasion d’un chant, lors d’une évaluation en sixième, qu’elle a repéré ce qui était très certainement chez moi une faim d’apprendre et de me nourrir par le chant. Elle proposait des cours en dehors de l’éducation nationale et pendant des années nous avons travaillé ensemble. Le monde lyrique s’ouvrait devant moi et bien que ma mère ne fût pas enthousiaste sur la question de chanter puisque mon père avait favorisé son amour de la musique au détriment d’une vie de couple et de père, elle ne m’en a pas moins toujours soutenue. Je devais cependant choisir entre la danse que je faisais depuis l’âge de cinq ans ou le chant, la danse avait également des atouts certains mais je lui ai préféré le chant. Les arts plastiques m’attiraient également, cependant au niveau du lycée, j’ai compris que je ferais du chant mon métier. C’est juste après l’obtention du baccalauréat que j’ai répondu à une demande d’audition de l’Opéra Théâtre d’Avignon qui se passait à Paris. L’audition m’était assez impressionnante, je n’avais aucune expérience en la matière, Raymond Duffaut faisait également partie du jury, néanmoins c’est à l’issue de celle-ci que j’ai pu entrer dans les chœurs d’Avignon et y rester finalement pendant six ans.

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