La Fille du régiment, du pas militaire aux accords les plus tendres, une œuvre follement gaie…

Quelques éléments pour une brève biographie de Gaetano Donizetti ont déjà été publiés lors des représentations de L’Elisir d’amore en mai 2019 à L’Opéra Grand Avignon, la mise en scène en était assurée par Fanny Gloria, la direction musicale par Samuel Jean.

https://parolesdopera.com/2019/05/05/donizetti-un-compositeur-sensible-et-prolifique/

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C’est sur le livret de Jules-Henri Vernoy de Saint-Georges et de Jean-François-Alfred Bayard que Gaetano Donizetti compose la musique de La Fille du régiment, un opéra comique de deux actes en français et pour la scène parisienne tout d’abord. Nous sommes en 1840, le compositeur a vécu peu d’années auparavant la tragédie de perdre sa femme et sa fille, toutes deux emportées par le choléra. Quitter Naples un moment lui parait salutaire. Paris semble tout indiqué, d’autant plus que Donizetti y a connu cinq ans plus tôt un succès certain auquel se sont ajoutés une distinction remise par le roi Louis-Philippe lui-même et un public conquis. Par ailleurs, la mort brutale du jeune Vincenzo Bellini en 1835 (il n’avait que 33 ans) et le retrait de Rossini depuis 1830, laissent un large espace aux créations lyriques du compositeur sur la scène parisienne. A cette époque, sa renommée est grande et la musique italienne a bonne presse depuis le début du XIXème siècle dans la capitale sensible à l’activité lyrique et à ses compositeurs italiens dont les noms de Rossini, Bellini et Donizetti vont rythmer la vie musicale dans les Maisons d’Opéra de Paris mais également dans d’autres villes comme celle de Rouen par exemple où son Théâtre des Arts sera composé pour moitié d’opéras italiens.

C’est donc auréolé du succès extraordinaire de sa Lucie di Lammermoor, opéra donné un an plus tôt au Théâtre de la Renaissance à Paris, que Donizetti va créer La Fille du régiment à l’Opéra-Comique le 11 février 1840, opéra qui sera traduit ensuite en italien sous le nom de La Figlia del reggimento. La Fille du régiment ouvre la composition de cinq opéras écrits en français par Donizetti.

Néanmoins, on ne peut pas vraiment parler d’un succès retentissant lors de sa création et des représentations qui suivirent, loin s’en faut car les critiques sont féroces, ainsi Berlioz tout à sa haine de la musique italienne n’est pas en reste pour porter les coups les plus bas et rédiger de la sorte, dans Le Journal des Débats, ce qui s’apparente davantage à un pamphlet plutôt qu’à une critique constructive ! « Nous sommes dans les guerriers, et dans les lauriers et les troupiers (…) C’est une de ces choses comme on peut en écrire deux douzaines par an, quand on a la tête meublée et la main légère (…) L’orchestre se consume en bruits inutiles», avance sans nuance le musicien.

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Cependant, et par bonheur, deux ans plus tard, La Figlia del regimmento, adaptation italienne créée pour la Scala de Milan en 1841, enthousiame l’Europe et finit par conquérir la France enfin sensible à cet opéra d’abord boudé sans doute par ses interprètes alors assez médiocres selon les retours de l’époque. A Paris, c’est enfin le succès qui ne se démentira plus. On adopte l’œuvre au service des représentations du 14 juillet, on la donne au bénéfice des victimes de la première guerre mondiale à l’Opéra-Comique, on la copie volontiers et on l’entend à chaque élan patriotique pendant la seconde guerre sur le sol américain avec son « Salut à la France ».

Pour l’histoire, parfaitement fictive, suivons celle d’une enfant abandonnée sur un champ de bataille. Nommée Marie, celle-ci est recueillie par le sergent Sulpice et devient rapidement la mascotte du régiment tout entier. En réalité, elle est fille naturelle de la marquise de Berkenfield et d’un soldat français, lequel est mort sous les coups de l’ennemi. Adoptée par le régiment de son père, elle porte l’uniforme de cantinière jusqu’à ce qui lui soit demandé de quitter la troupe de soldats pour parfaire son éducation dans le château maternel. La marquise, qui a usé de son ascendant social pour obtenir la garde de Marie, ne révèle pourtant pas les liens qui l’unissent véritablement à la jeune fille. Bien entendu, l’amour s’en mêle et, en dépit des vœux de la marquise, la jeune Marie a donné son cœur au beau chevrier qui lui sauva la vie dans les montagnes du Tyrol. Le jeune Tonio lui doit également d’échapper à la condamnation à mort par le 21èmerégiment dans lequel il finit par s’enrôler pour plaire à sa belle. Mais tous les ingrédients des amours contrariées sont en place, ainsi, la marquise a d’autres vues pour sa fille et, malgré les victoires des Français et le grade de lieutenant de Tonio, elle ne pense qu’à un riche mariage pour Marie.

Il s’agit d’un opéra comique, inutile donc de traduire ici la situation finale d’un schéma narratif entendu malgré ses obstacles, l’intérêt est, on l’aura compris, éloigné d’une intrigue plus qu’explicite. C’est dans le foisonnement des genres qu’il faut se laisser charmer ; entre dramaturgie et comédie, l’ouvrage décline toute la virtuosité d’une musique contrastée de rythmes militaires et de mélodies plus lentes, toutes sont simples et absolument joyeuses, l’émotion est au rendez-vous, le rire pluriel exploitable à l’infini…

 

                                                                                                             Marianne Millet



La Fille du Régiment

  • DATES

Vendredi 17 janvier 20h30
Dimanche 19 janvier 14h30

  • INFOS PRATIQUES
  • Tarifs : À partir de 13 euros
  • Opéra Confluence
    Durée 2h10

 

Opéra-comique en deux actes de Gaetano Donizetti
Livret de Jules-Henri Vernoy de Saint-Georges et Jean-François Bayard

Direction musicale Jérôme Pillement
Mise en scène, adaptation, conception scénographique et costumes
Gilles et Corinne Benizio alias SHIRLEY ET DINO
Lumieres Jacques Rouveyrollis
Video ID SCENES
Vidéastes Julien Meyer et Julien Cano

Marie Anaïs Constans
Tonio Julien Dran
Sulpice Marc Labonnette
La marquise de Berkenfield Julie Pasturaud
Hortensius / La duchesse de Crakentorp João Fernandes

Chœur de l’Opéra Grand Avignon
Orchestre Régional Avignon-Provence

A la suite d’une commande de l’Opéra Comique, Donizetti compose La Fille du régiment. Il est question d’armée française qui occupe le Tyrol. Mais Donizetti reste profondément italien. Tout, dans la musique, les dialogues, rappelle la comédie à l’italienne. Pour notre mise en scène, nous nous inspirons de la grande époque du cinéma italien des année 50-60. Celui de Fellini, De Sica, Risi, Monicelli… Notre Marie rappelle la belle colérique Bersalière interprétée par Gina Lolobrigida dans le film Pain, amour et fantaisie réalisé par Comencini, et Tonio le jeune et timide carabinier amoureux. Nous aimons cette période particulièrement riche, où la comédie croise le drame, le mélodrame, la farce. Les faiblesses de chacun, les petits travers, les joies, toutes les émotions sont fouillées et laissent percevoir notre propre humanité. Les thèmes abordés sont profonds, grave, mais le vent de la dérision et l’ironie souffle en rafales.

Faire rire, émouvoir, enthousiasmer reste notre unique désir. A cette fin, notre imaginaire se déploie, les idées affluent, la comédie nous envahit. Il y a les idées qui naissent de l’histoire même, des situations écrites. Et puis les autres, celles qui sortent du contexte ; les plus loufoques, les plus surprenantes et sans doute, les plus drôles. Car pour nous, tout est permis ! A la façon des Marx Brothers, des Monty Python, des Branquignols ! Et pour y réussir, il est nécessaire de respecter l’œuvre. Que les chanteurs soient irréprochables dans l’interprétation vocale et le jeu, que la musique soit superbe, que les costumes et les décors soient beaux.Shirley et Dino

Nouvelle production. En coproduction avec Les Folies Lyriques et l’Opéra Royal de Wallonie-Liège



Réservations sur le site internet de l’Opéra Grand Avignon  http://www.operagrandavignon.fr

ou par téléphone :  contactez la Billetterie de l’Opéra Grand Avignon
au 04 90 14 26 40

Durée : 2h10

Tarif à partir de 13 euros

 

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