Eric Pérez, chanteur, comédien et metteur en scène, un artiste aussi passionné que passionnant !

PEREZ

Comédien et chanteur puis metteur en scène ; vous êtes également, Eric Perez, l’un des conseillers du Festival de Saint-Céré dans le lot, un festival créé par Olivier Desbordes.

 Egalement de la Compagnie Opéra Eclaté dont je suis l’un des directeurs artistiques (La Compagnie Opéra Éclaté a été créée en 1986, suite à un appel de la région Midi-Pyrénées, avec pour mission d’amener le grand répertoire d’opéra en milieu rural et de s’adresser à un public peu familier de la forme lyrique (…) Olivier Desbordes, qui a volontairement ancré Opéra Eclaté en milieu rural à Saint-Céré, symbole de son attention à tous les publics, a fait appel à Éric Perez, comédien- chanteur et metteur en scène et à Gaspard Brécourt, chef d’orchestre, pour poursuivre l’aventure d’Opéra Eclaté.)

Pour en revenir aux origines de ma carrière, il y a ce désir de chanter et de jouer qui me pousse vers le Conservatoire de Toulouse dans lequel je ne suis resté que très peu au fond puisqu’il ne correspondait pas à ce que j’attendais, de même pour celui de Cergy Pontoise lorsque je suis monté à Paris tout en faisant de la musique contemporaine, puis je suis arrivé assez rapidement dans la Compagnie de l’Opéra Eclaté où j’ai véritablement appris mon métier de chanteur et de comédien. Ensuite, c’est très vite l’orientation vers des rôles comiques de comédien-chanteur en dépit d’une formation initialement lyrique mais l’aptitude à faire faire rire, un talent je me suis découvert en montant sur scène, m’a amené vers ce registre comique dans les opéras ou dans les opérettes. Après cela, je me suis dirigé vers le théâtre musical en interprétant Mackie dans L’Opéra de Quat’sous ou Séverin dans Le Lac d’argent de Georg Kaiser et, de façon moins ambitieuse sans doute, je me suis dirigé vers les chansons du répertoire français, notamment avec les poètes repris dans le champ musical, ce qui est toujours d’actualité du reste puisque je continue d’interpréter ces chansons.

Ainsi, votre formation fondamentale est celle de l’art lyrique ?

 Oui, au tout départ ce sont bien des études de chanteur lyrique, ce qui me permet aujourd’hui de lire une partition et de connaître les appréhensions des chanteurs !  Cela rassure un peu les chanteurs quand je mets en scène un opéra ! Mais je ne peux dire que je suis un chanteur lyrique dans la mesure où je l’ai été que le temps d’une formation, c’est-à-dire trop peu pour me considérer comme tel et je ne saurais ignorer le fait que j’étais attiré par d’autres activités comme celles de comédien ou de chanteur en dehors de la scène lyrique. Donc, me dire chanteur lyrique serait une injure faite à celles et ceux qui le sont à plein temps, ce qui exige un travail de haut niveau un peu comme ces grands sportifs dont l’entrainement intensif est permanent.

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  Nombreux sont ceux qui doivent leurs débuts à votre regard bienveillant et ce , depuis que vous avez la charge de recruter des chanteurs pour le Festival de Céré.

 Ils sont un certain nombre en effet ! Je me souviens d’une époque où je n’avais pas encore la charge des distributions, je faisais cette année-là Bobinet dans La Vie parisienne lorsque j’ai vu arriver un petit jeune que l’on a fait monter sur scène pour la première fois et c’était Ludovic Tezier, une voix magnifique ! De même Sylvie Brunet a fait ses premiers pas sur scène avec La Compagnie de l’Opéra Eclaté, il en a été pareillement pour Jean-Sébastien Bou, Franck Ferrari et autres…depuis, j’ai effectivement recruté des chanteuses et des chanteurs comme Eléonore Pancrazi laquelle, l’an passé, a obtenu aux Victoires de la musique le prix de Révélation lyrique.

Ce n’est pourtant pas une évidence, dans les métiers du spectacle, de favoriser spontanément la « réussite » d’autres talents !

 Disons que le but de cette compagnie est justement de donner une chance aux chanteurs de faire leurs premiers pas sur scène et de permettre à d’autres plus confirmés de prendre des risques pour certaines prises de rôles. C’est bien là le cœur même de notre compagnie au fond.

 Depuis 1987, Vous avez à votre effectif pas loin d’une quarantaine d’interprétations, il n’y a quasiment pas d’année sans que vous ne montiez sur scène et à cela s’ajoute une vingtaine de mises en scène environ depuis 2003 avec des œuvres qui ne sont pas forcément simples à monter, je pense par exemple à L’Opéra de quat’sous de Bertold Brecht dès vos débuts.

 En effet, je fais au moins une création par an en tant que metteur en scène et j’ai toujours des projets de spectacles et de récitals parallèlement à cela mais, je le répète souvent, c’est une réciprocité entre les deux activités de metteur en scène et d’interprète puisqu’elles se nourrissent l’une de l’autre en quelque sorte. Pour affiner un peu les choses, je dirais que la scène fait appel à des énergies également physiques qui me manquent lorsque je m’en éloigne, ainsi pour l’instant, alors que je mets en scène Cavalleria rusticana et Paglicci pour l’Opéra Grand Avignon, je répète en même temps des chansons pour un spectacle qui sera donné dans quelques jours avec La Croisille s’amuse.

 Pendant ces dix-sept années de mise en scène, vous n’avez pourtant pas cessé de monter sur scène pour y être à votre tour dirigé par d’autres metteurs en scène et non des moindres, je pense à Olivier Desbordes naturellement, mais aussi à Michel Fau pour ne citer qu’eux. Vous semblez passer de la scène à son bord sans aucune difficulté, comme une nécessité de rester ancré dans toutes les réalités touchant au monde du spectacle dans son ensemble.

 Pour Michel Fau, il se dirige à présent lui-même, ce que je ne fais pas dans la mesure où j’ai besoin d’un regard extérieur, j’aime bien être dirigé lorsque je dois jouer ou chanter. Lorsque je fais la mise en scène, je peux, par exemple, travailler sur la vidéo, sur le montage, sur les costumes en collaboration avec les costumiers.ères ou sur les décors en lien avec les décorateurs bien entendu. Il m’est arrivé bien sûr de vivre quelques expériences plus délicates lorsque j’étais dirigé de telle manière que l’expression du comédien s’en trouvait réduite à sa plus simple expression, ce qu’en tant que metteur en scène j’ai soin d’éviter en poussant au contraire chacune et chacun à faire des propositions. Le comédien est l’interprète et c’est bien à lui de poser des intentions qui correspondent à sa personnalité, ce que je reprends éventuellement ensuite pour que nous arrivions à obtenir ce qui va dans le sens du spectacle tout en respectant les vues de chacun, donc quand je rencontre un metteur en scène qui en use ainsi, tout va pour le mieux, à l’inverse quand le moindre de mes déplacements est prévu, je me sens plutôt enfermé tout en faisant ce qu’il me dit mais je n’en suis pas heureux !

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L’Opéra de Quat’Sous

 Est-ce cette connaissance des différentes activités scéniques qui vous amènent à poser un regard neuf sur des œuvres incontournables comme celles de Mozart que vous avez mises en scène : La Flûte enchantée, Don Giovanni, Les Noces de Figaro en l’espace de six années ? Un compositeur que vous semblez apprécier particulièrement.

Je ne m’en lasse pas ! Je désirais faire la trilogie de Da Ponte et Mozart mais je n’ai pas encore fait le Così Fan Tutte ! En ce qui concerne la reprise de ces œuvres tant connues, je commence par la monter sans vouloir lui faire dire autre chose que ce qu’elle nous dit, une approche plus simple puisque le fil conducteur est visible mais aussi plus complexe car il y a ce danger de transposer l’ouvrage dans une dimension totalement étrangère au sens même de la pièce. Il existe, à mon sens, des adaptations assez affligeantes, notamment dans ce que l’on pourrait nommer comme de nouvelles conventions à l’Opéra où le changement de décor et de costumes justifie ce que l’on tient pour une révolution dans l’espace opératique alors qu’il n’en est rien, si ce n’est un éloignement désespérant de l’essence même de l’œuvre. Non que je m’inscrive contre la transposition, loin s’en faut si je pense, par exemple, aux transpositions de Patrice Chéreau qui faisait quelque chose de tellement fort mais en partant vraiment de l’œuvre.

Quant à moi, bien que ce soit une alchimie assez compliquée à expliquer, je peux dire que j’écoute l’œuvre, la musique me porte tout d’abord puisque j’en viens depuis l’âge de treize ans au fond, elle me dit beaucoup de choses puis je cherche la façon de la prendre jusqu’à ce qu’une idée maîtresse me vienne, à partir de là, je sais que je n’en changerai pas.

Dans ce travail de préparation à la mise en scène d’un opéra, est-ce que la personnalité du compositeur vous influence, avez-vous le besoin de la traduire un peu dans votre travail ? pensons à Mozart qui n’en manquait pas !

 Concernant Mozart, tout à fait. Avec d’autres compositeurs sans doute un peu moins mais avec Mozart on peut difficilement y échapper. Egalement, passionné d’histoire depuis toujours, j’essaie toujours de me replonger dans le contexte lié à l’époque de l’ouvrage, pas forcément pour ancrer la pièce dans l’époque mais pour en tirer des réflexions posées par les personnages, par exemple ce que peuvent devenir Figaro et Suzanne au XIXème siècle. Donc la musique et mon parcours d’étudiant en histoire que j’étais sont des guides en quelque sorte, avec ces questionnements sur les raisons qui ont poussé les artistes à créer une histoire à une époque donnée etc.

 De Mozart à Nicole Croisille avec laquelle vous avez le projet d’un récital très prochainement ; La Croisille s’amuse, on a d’abord l’impression d’un grand écart, puis on y voit un solide désir d’interpréter des chansons qui ont marqué durablement l’espace musical comme celles liées au cinéma. Je reviens ici à votre spectacle de 2016, « Le cinéma en chansons ».

 Ma passion première est le cinéma, je suis un cinéphile assuré ! C’est d’ailleurs ce qui me nourrit aussi ! J’adore la chanson et il m’est naturel de mêler cinéma et chanson. Ensuite, avec Nicole Croisille, il s’agit d’une rencontre incroyable dans Cabaret alors mis en scène par Olivier Desbordes où je jouais à ses côtés ! J’ai réalisé le rêve que j’avais d’interpréter Emcee, rôle mythique auquel je pensais depuis l’adolescence et, être avec Nicola Croisille que je tiens pour une magnifique chanteuse à la voix merveilleuse était tout simplement extraordinaire ! Depuis, nous ne nous sommes plus quittés et avons décidé de monter ce projet de reprendre des chansons, les siennes comme celles d’autres chanteurs. Un spectacle que nous allons rôder un peu dans le Sud-Ouest pour commencer.  Cependant j’ai connu «des « grands écarts » plus manifestes avec un festival où je jouais simultanément Jean dans Le Malentendubde Camus, La Belle de Cadix et un récital Aragon !

 Avec ces allées et venues dans les différents genres musicaux, vous ne semblez pas partisan de ces différenciations apportées par certains puristes de l’art lyrique qui considèrent l’Opéra comme le « genre supérieur », on sent que pour vous la musique a seulement plusieurs aspects dont vous entendez bien explorez les différentes facettes au fond.

 Absolument, j’ai d’ailleurs commencé par la musique contemporaine. Je ne considère pas qu’il y ait de musique supérieure ou inférieure, en fait je ne peux m’en tenir à un seul genre comme je ne peux pas davantage me livrer à une seule activité, cela tient à une grande curiosité, à un désir de fureter dans plusieurs domaines artistiques ou autre. La lecture, le cinéma, les expositions, les spectacles etc. m’empêchent de connaître l’ennui !

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 Ceci nous conduit vers le spectacle que vous mettez en scène actuellement, ces deux opéras assez courts avec Cavalleria rusticana et Pagliacci, pourquoi avez-vous accepté ce dystique dramatique qui apparemment semble un peu éloigné de votre répertoire ?

 C’est une proposition qui m’a été faite dans le cadre du concours international de chant de l’Opéra de Clermont-Ferrand et il est vrai qu’à priori, ce n’était pas ce à quoi j’aurais pensé mettre en scène tout d’abord ! Néanmoins, en réfléchissant à ce genre vers lequel je n’étais pas encore allé, l’opéra vériste, c’était en fait l’occasion de réfléchir à la notion du « vrai », ce qu’il pouvait signifier pour moi, est-ce celui des informations en continu sur nos chaines de télévision, dans les documentaires ou dans la littérature et dans la représentation ? Autant de questions qui m’ont amené vers celle du vrai qui serait dans sa représentation et c’est ainsi que j’ai décidé de faire de Cavalleria qui est un drame vériste par excellence puisqu’il représente un fait réel, une représentation. Cela me permet de lier les deux heures avec une même troupe de théâtre qui interprète les deux opéras et de façon non factice ainsi. En reprenant d’anciennes notes de mise en scène,  j’y ai retrouvé une phrase de Victor Hugo : « Le théâtre n’est pas le pays du réel (…) c’est le pays du vrai »

« Le théâtre n’est pas le pays du réel : il y a des arbres en carton, des palais de toile, un ciel de haillons, des diamants de verre, de l’or de clinquant, du fard sur la pêche, du rouge sur la joue, un soleil qui sort de dessous la terre. C’est le pays du vrai : il y a des cœurs humains dans les coulisses, des cœurs humains dans la salle, des cœurs humains sur la scène »

Victor Hugo, Tas de Pierres III ( 1830-1833)

Ce genre de citation que j’écrivais alors sur mes carnets m’a amené vers quelques interrogations. Qu’est-ce qui est plus conventionnel que l’opéra au fond ? Autant pousser la convention à son paroxysme pour en tirer l’essence du vrai. Donc, j’ai pensé la mise en scène de ces deux œuvres dans une représentation qui devient du théâtre dans le théâtre au théâtre, une double mise en abyme donc.

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Finalement, parce que l’opéra entrelace plusieurs arts du spectacle, il vous offre sans doute une expression personnelle bien plus étendue que ne pourrait le faire une autre forme artistique ?

 Effectivement, la musique me manquerait si je dirigeais uniquement des comédiens, lorsque je mets en scène un opéra tout est lié : le son, la musique, la vidéo éventuellement, mais aussi l’émotion de la voix. Il y a de même ce jeu des interprètes et ce respect que j’ai pour les chanteuses et les chanteurs qui sont de haut niveau. Pour les ballets, c’est plus complexe dans la mesure où le but aussi de La compagnie, c’est de tourner et dans des lieux où il n’y a pas forcément de maison d’Opéra pour accueillir le spectacle donc il faut penser à cet aspect.

 Quels sont vos projets, outre celui de La Croisille s’amuse après Cavalleria rusticana et Pagliacci ?

 Eventuellement un retour à Avignon cet été dans le cadre du Festival avec mon cinéma en chansons. Mais ici, on attendra un peu pour en parler davantage !

Puisque vous faites partie des grands lecteurs, impossible d’échapper à la grande question des quelques auteurs et autrices qui ont votre préférence !

 Nous voilà dans la Grande Librairie ! (rires). Je pense que Jean Genet a été un auteur important qui fait partie de ma vie. Flaubert, à l’écriture irréprochable, il me vient Trois Contes avec l’une de ses nouvelles : « Un Cœur simple » qui m’a particulièrement touché. Les Hauts de hurlevent d’Emily Brontë. Plus proche de nous, Lambeaux de Charles Juliet  dont je trouve l’écriture vraiment belle. Et d’autres qui ne me viennent pas forcément à l’esprit maintenant !

                            Propos recueillis par Marianne Millet le 28.02.2020

Un entretien avec Eric Pérez, c’est d’abord le jeu des questions posées et des réponses données de la manière la plus cordiale qui soit, puis, au fil de la discussion, on découvre un homme passionné, épris d’une culture plurielle dont la soif de découvertes ne semble s’étancher que dans une création ininterrompue. Et la promenade continue, à travers le champ littéraire, hors micro, juste pour le plaisir de partager quelques titres, connus ou pas mais appréciés de l’un ou de l’autre. Merci à lui pour cette belle disponibilité et ce joli moment de partage…

Photos Cavalleria rusticana et Pagliacci : Studio Deslestrade Avignon. 



Cavalleria Rusticana – Pagliacci

  • DATES

Vendredi 6 mars 20h30
Dimanche 8 mars 14h30

  • INFOS PRATIQUES
  • Tarifs : À partir de 13 euros
  • Opéra Confluence
    Durée 3h

 

Cavalleria Rusticana
Mélodrame en un acte de Pietro Mascagni
Livret de Guido Menasci et Giovanni Targioni-Tozzetti d’après le roman de Giovanni Verga

Pagliacci
Opéra en un prologue et deux actes de Ruggero Leoncavallo Livret du compositeur

Direction musicale Miguel Campos Neto
Mise en scène Eric Perez
Scénographie, costumes Diane Belugou
Lumières Joël Fabing

Cavalleria rusticana
Santuzza Chrystelle di Marco*
Lola Ania Wozniak*
Turiddu Denys Pivnitskyi
Alfio Dongyong Noh*
Lucia Gosha Kowalinska

Pagliacci
Nedda Solen Mainguené*
Canio Denys Pivnitskyi
Tonio Dongyong Noh*
Beppe Jean Miannay*
Silvio Jiwon Song

Chœur de l’Opéra Grand Avignon
Orchestre Régional Avignon-Provence

La jalousie lui crèvera le cœur, le soleil lui brûlera les yeux. La jalousie, cette lumière aveuglante, cette douleur terrible au creux de la poitrine, cette pression si intense qui vous donne des envies de massacre, c’est une histoire simple et banale. Nous allons relater deux drames de la jalousie, deux faits divers violents, tels qu’on peut les lire dans les journaux, tels qu’on peut les voir de nos jours sur les chaines d’informations, avec leurs témoignages sordides, leurs images obscènes. Ces drames, ces faits divers ont toujours été des spectacles pour les voyeurs que nous sommes. C’est une histoire « vraie » que nous allons raconter avec Cavalleria Rusticana et Pagliacci. Eric Perez

En coproduction avec le Centre Lyrique Clermont-Auvergne, l’Opéra de Massy, l’Opéra de Reims et Opéra Eclaté – Festival de Saint-Céré
*Lauréats du 26ème Concours international de chant de Clermont-Ferrand



Réservations sur le site internet de l’Opéra Grand Avignon  http://www.operagrandavignon.fr

ou par téléphone :  contactez la Billetterie de l’Opéra Grand Avignon
au 04 90 14 26 40

Durée : 3h00

Tarif à partir de 13 euros

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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