La Veuve joyeuse nous promet d’exquises heures dans la valse d’une année à l’autre…

Quelques éléments pour une brève biographie de Franz Lehár ont déjà été publiés lors des représentations de Le Pays du sourire en mars 2018 à L’Opéra Grand Avignon, la mise en scène était assurée par Pierre-Emmanuel Rousseau, la direction musicale par Benjamin Pionnier.

https://parolesdopera.com/2018/02/23/operette-romantique-en-trois-actes-le-pays-du-sourire-de-franz-lehar/

Légère et pétillante à souhait, La Veuve joyeuse conclut une « drôle d’année ».

Terminer une année complexe voire sombre par La veuve joyeuse nous semble de bon augure ! Voilà un titre oxymorique qui pourrait traduire les deux tendances d’une période plus qu’agitée dans le musellement de nos élans culturels et artistiques (sic !). La touche finale l’emporte néanmoins et c’est avec une œuvre particulièrement gaie que le passage d’une année à l’autre se fera le jeudi 31 décembre. Dans un french cancan attendu, les « Femmes, femmes, femmes » soulèveront leurs jupons de concert pour montrer leur joli postérieur à des mois d’inquiétude et de restriction. 

C’est cependant loin des fauteuils d’une salle remplie d’un public vibrant que nous devrons suivre la captation de cette opérette qui a conquis les cœurs d’un bout à l’autre de la planète depuis sa création en 1905 à Vienne pour le Theater an der Wien. Libre à nous de nous installer dans un siège confortable pour suivre cette nouvelle mise en scène de Fanny Gioria mais nul doute que nous nous en levions bien souvent soudain emportés par le rythme d’une valse ou d’un cancan, entonnant allègrement les airs connus de tous.

De Paris à Vienne, de Vienne à Paris, écriture et musique mêlées.

A l’origine de cette œuvre, le vaudeville L’Attaché de l’Ambassade de l’auteur français et académicien Henri Meilhac, dramaturge et librettiste non seulement des plus célèbres opérettes d’Offenbach mais encore de Carmen de Bizet, ouvrage écrit avec son ami Ludovic Halévy, entre autres nombreuses écritures opératiques.

De la comédie de Meilhac, on ne peut pas dire qu’elle ait traversé le temps avec succès, quelque peu oubliée dans les archives du patrimoine littéraire, l’œuvre a cependant permis une tout autre création, celle écrite par les librettistes Viktor Léon et Léo Stein laquelle, entre les mains du jeune chef d’orchestre et compositeur Franz Lehár, rencontre immédiatement une fortune durable. Le musicien va s’atteler à la tâche avec enthousiasme, voyant dans ce livret les ingrédients essentiels à une opérette réussie à laquelle il trouve ce titre si bien choisi : La Veuve joyeuse. Le soir du 30 décembre 1905, le triomphe est immédiat et constant de quelque vingt mille représentations dans le monde entier, hormis la France, avant de parvenir enfin sur la scène parisienne.

Sous les plumes conjuguées des librettistes français, Robert de Flers (académicien et grand ami de Marcel Proust avec lequel il resta lié jusqu’à la mort de l’auteur de La Recherche du temps perdu survenue cinq avant avant son propre décès) et Gaston de Caillavet (proche également de Marcel Proust qui empruntera certains éléments de sa personnalité et de sa vie pour nourrir le personnage de Robert de Saint-Loup de La Recherche), Paris écoute l’œuvre en français, le public est littéralement grisé par ces « heure(s) exquise(s) », palpitant au gré des notes de « La Chanson de Vilya » et reprenant à mi-voix le « Duo du pavillon », une belle palette mélodique aux airs si irrésistibles que chacun va bientôt connaître par et avec cœur ! 

Nous sommes le 28 avril 1909, Franz Lehár est dans la salle du Théâtre de l’Apollo récemment rénové, il aura fallu pas moins de quatre années avant d’imposer, non sans mal, La Veuve joyeuse sur la scène parisienne, initialement appelée Die Lustige Witze. Il est vrai que le genre s’est essoufflé depuis quelques temps en France et on ne croit guère à sa résurrection à la faveur d’un compositeur étranger ! La partie française ne s’écarte guère de la version originale, quelques changements dans les noms des personnages, une veuve slave américanisée, des noms de lieux changés, l’action située dans « La ville de l’éternelle jeunesse », ville lumière, capitale montrée sous son aspect le plus enjoué, l’œuvre devient littéralement française au point d’en oublier ses origines viennoises ! référence respectueuse au compositeur de La Vie parisienne, Franz Lehár réserve une belle place au cancan qui souligne d’un vif galop son désir de gaieté retrouvée.

Des valses de l’amour aux cancans des petites femmes…

Et le public français, parmi les danses festives de ce spectacle enlevé en trois actes, va suivre les mouvements du cœur de la riche veuve Missia en quête du grand amour. C’est naturellement dans celui du prince de Danilo qu’elle peut le trouver mais combien d’obstacles auparavant ! Les deux jeunes gens s’aiment depuis longtemps, séparés qu’ils ont été sur un malentendu. Et des méprises, il n’en manque pas entre les différents protagonistes ; l’ambassadeur Popoff en fait les frais victime de son indiscrétion dans le petit pavillon où il pense, par le trou de la serrure, apercevoir sa femme Nadia auprès du galant Coutançon. Dans le temps que l’on apporte à l’ambassadeur la clé du pavillon, Missia sauve Nadia en prenant sa place et déclare son prochain mariage avec Coutançon au grand dam de Danilo qui va noyer son chagrin chez Maxim’s avec « les petites femmes ».

Et c’est dans ces lieux que tout ce petit monde va se retrouver entre explications et aveux, l’ensemble saupoudré d’une belle surprise quant à la fortune de la jeune veuve.

Le happy end coloré d’un cancan met le point final à cette joyeuse aventure et « Le jour qu’Eve écouta le malin » emporte tous les chagrins de la veille. C’est bien sur cette note pétillante, que seuls les artistes savent nous donner de la plus belle manière qui soit, qu’il nous appartiendra d’espérer le meilleur à venir pour l’année 2021…

Marianne Millet


[DIFFUSION] LA VEUVE JOYEUSE

  • DATES

Jeudi 31 Décembre à 20h30
En Live

  • INFOS PRATIQUES
  • Tarifs : 
  • Opéra Confluence
    Durée : 3h

DIFFUSION de la Veuve Joyeuse sur la chaîne YouTube de l’Opéra Grand Avignon

Opérette en trois actes
Livret de Victor Léon et Leo Stein, d’après L’Attaché d’ambassade
une comédie d’Henri Meilhac et dans une adaptation française
de Robert De Flers et Gaston De Caillavet
Création à Vienne le 30 décembre 1905
 
Direction musicale Benjamin Pionnier
Mise en scène Fanny Gioria
Assistante mise en scène Irène Fridrici
Chorégraphe Elodie Vella
Décors Éric Chevalier
Costumes Erick Plaza Cochet
Lumières Gaëtan Seurre

La Veuve Joyeuse est l’une des grandes pages de l’opérette viennoise dont le formidable succès a fait de Franz Lehár, l’héritier de Johann Strauss. Depuis sa création à Vienne en 1905, le grand public ne cesse de se laisser emporter par le rythme des valses et lui réserve des triomphes mérités sur les plus grandes scènes d’opéra. Donné en 1909 à Paris, l’adaptation française signée De Flers et De Caillavet s’impose au point d’éclipser la version originale allemande créée quatre ans plus tôt.
L’oeuvre offre un festival de péripéties et de personnages tout aussi truculents qu’attachants. « Chanson de Vilya », duo « du Pavillon », duo de « l’heure exquise » et tant d’autres airs vous emporteront si joyeusement.
« Richesse mélodique, tourbillon festif, chorégraphies rythmées, flamboyance et champagne : voici en quelques mots l’esprit de cette Veuve Joyeuse. Ouvrage emblématique de l’opérette viennoise, ce joyau continue de charmer notre imaginaire et nous transporte au-delà des limites d’une époque.
Le foisonnement des univers, la conception des décors et l’originalité des costumes offrent une relecture contemporaine, mettant en exergue la subtilité des relations entre les personnages et la dynamique festive de l’oeuvre. Entre la réalité et la fiction il n’y a parfois qu’un pas… »
 Fanny Gioria
 
Missia Palmieri Erminie Blondel
Nadia Popoff Caroline Mutel
Prince Danilo Philippe-Nicolas Martin
Baron Popoff Guillaume Paire
Camille de Coutançon Samy Camps
Figg Baptiste Joumier
Lérida Pierre-Emmanuel Roubet
D’Estillac Jean-François Baron
 
Orchestre Régional Avignon-Provence
Choeur et Ballet de l’Opéra Grand Avignon

 
Nouvelle production
En coproduction avec L’Avant-Scène Opéra – Neuchâtel

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s