Mois: février 2022

La Sonnambula de Vincenzo Bellini sur la scène de l’Opéra Grand Avignon, une musique de rêve…

Le Somnambule de Henri de Miller, Paris la Défense

La Sonnambula ou la somnambule en français a une connotation immédiate avec le monde parallèle du mystère dont raffole un dix-neuvième siècle épris de spiritisme. Car enfin, quelle étrangeté que cet état d’éveil inconscient qui survient pendant le sommeil et qui conduit le sujet endormi au monde des vivants, éveillé qu’il se trouve dans cet univers de tous les possibles !

L’historienne Nicole Edelman place l’origine du spiritisme en France avec la découverte du magnétisme animal de Mesmer à la fin du XVIIIe siècle et du somnambulisme magnétique, mis au jour par le marquis de Puységur en 1784. Voie qui conduit à la découverte de l’hypnose dont le nom s’imposera. Les expériences de communication se diffusent ainsi que des expérimentations médicales comme l’anesthésie sous hypnose. L’historienne situe l’apparition du spiritisme en 1857. 

Pour les Romantiques passionnés de phénomènes mystérieux, il n’en faudra pas moins pour en explorer à loisir les moindres recoins, de fait, le spiritisme deviendra, en cette deuxième moitié du dix-neuvième siècle et pour de nombreuses personnalités, dont les plus représentatives restent Victor Hugo et Sir Conan Doyle, un moyen de sonder les rapports entre les vivants et les morts, les questionnements sur l’amour et le progrès. Les tables tournent, « le somnambulisme magnétique » modifie l’état de conscience et ouvre la voie à l’hypnose. Comment ne pas penser à la toute fin de ce  même siècle à l’Interprétation des rêves de Sigmund Freud qui deviendra le support, non pas du milieu médical tel que l’aurait souhaité le psychanalyste mais de celui des intellectuels qui vont véritablement s’enthousiasmer pour ce livre. Si le rêve fut associé depuis la nuit des temps à une vision venue de l’au-delà, il devint pour les Romantiques le moyen d’en étudier les contours à des fins de création, « Je est un autre, la vraie vie est ailleurs » nous dit Rimbaud.

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A l’occasion de Narcisse, bientôt sur la scène d’Avignon, une rencontre avec sa compositrice ; Joséphine Stephenson.

Photographies gauche à droite et de haut en bas : Daylight Music. Dimitri Djuric. Marika Kochiashvili. Dimitri Djuric

Joséphine Stephenson, vous êtes présentée d’abord en tant que compositrice mais vous avez bien d’autres cordes à un bel arc qui semble se tendre entre différents arts. Un point commun néanmoins, celui de la musique dans laquelle vous vous êtes plongée dès l’adolescence pour ne citer que la Maitrise de Radio France que vous intégrez à l’âge de 14 ans. Quelle est la genèse de tout cela ?

Il y a au départ cet amour sans conteste dans ma famille pour la musique.  Des parents mélomanes sans être pour autant professionnels, notamment du côté de mon papa anglais et de sa famille dans laquelle tout le monde a appris à jouer d’un instrument, moi comprise, et ce, depuis mon plus jeune âge. De là, cet amour également à jouer de la musique ensemble, de chanter en canon en permanence donc vivre étroitement avec la musique était une évidence. Pour ma part, j’ai commencé avec le piano, tout comme mon frère et ma sœur avant moi avaient de même en travaillant un instrument sans aller, toutefois, vers la professionnalisation tel que je le ferais par la suite. Après mes études de piano, j’ai poursuivi avec le violoncelle et le chant. Il est vrai qu’en rejoignant la Maitrise de Radio France, l’orientation professionnelle s’est peu à peu dessinée. Mais très jeune déjà, j’avais ressenti cette détermination à faire de la musique au grand dam de mon professeur de mathématiques puisque j’étais dans une section scientifique, tout en adorant la littérature ! (rires). Ainsi, la prépa et l’école d’ingénieur ne me tentaient absolument pas, la musique l’emportant sur le reste.

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