Côté coulisses

Ouvreuse, un « petit métier de l’ombre » mis en lumière par Dalila Abdelkrim Daoui…

img_22531-e1521983321157.jpg  IMG_5255

Dalila Abdelkrim Daoui                                   …en compagnie de Kad Merad

Nous avons tous en mémoire les ouvreuses du cinéma de notre jeunesse, lampe de poche en main et panière en osier chargée d’eskimos, celles des théâtres, aussi modestes soient-ils, qui nous guidaient gentiment jusqu’au bon rang. Métier en voie de disparition, celui de l’ouvreuse se maintient pourtant dans les grands théâtres où, avec une discrétion efficace, elles vont dans un ballet incessant au rythme des entrées, placer la « cliente » ou le « client » jusqu’au fauteuil qui est le sien le temps d’une soirée.

 

Dalila Abdelkrim Daoui, en quoi consiste votre fonction à l’opéra et est-ce votre unique activité ?

Je suis d’abord employée de mairie, plus précisément agent d’accueil de l’urbanisme, pour l’instruction des autorisations de l’urbanisme.

Donc, j’étais employée en temps supplémentaire par la mairie pour faire ces quelques heures à l’opéra, lorsque la bascule s’est faite pour le Grand Avignon, j’ai changé d’employeur, ce n’est plus la mairie mais le Grand Avignon qui l’est devenu, tout cela restant dans la fonction publique, j’ai pu conserver les deux fonctions.

Depuis combien de temps êtes-vous liée à l’Opéra Grand Avignon et comment y êtes-vous venue ?

J’ai fait une demande auprès de la direction de l’Opéra d’Avignon en 1998 je crois pour être ouvreuse, ce que l’on nomme plus volontiers aujourd’hui sous la dénomination d’agent de salle et contrôleurs pour les hommes mais nous gardons entre nous le terme d’ouvreuses pour les femmes. Les contrôleurs déchirent les billets et indiquent les directions à prendre mais ils ne placent pas, c’est aux ouvreuses que revient cette activité.

Avez-vous senti une évolution de ce rôle depuis les quelques vingt années que vous le remplissez ?

 Lorsque je suis entrée, je n’étais que remplaçante à côté d’agents titulaires et comme les ouvreuses débutantes, j’ai fait tous les étages. D’abord le quatrième avec les loges. Il n’y a plus de clé comme on pouvait en avoir au XIXème siècle mais nous accompagnons les personnes jusqu’à leur loge.

(suite…)

Le scénographe, ou le créateur d’univers scéniques…Rencontre avec Hervé Cherblanc.

P1030448

Hervé Cherblanc, qu’est-ce qu’un scénographe ? Est-il si différent du décorateur dont le terme peut paraître plus familier au grand public ?

 Il y a plusieurs appellations qui se rapportent au scénographe, celui d’exposition, de bâtiment et de spectacle. Le terme de décorateur de théâtre a glissé vers celui plus moderne de scénographe qui tend à signifier un peu la même chose. Cependant, la scénographie est employée car elle correspond davantage aux techniques relatives à la graphie de la scène, qui peut comprendre la vidéo, l’ambiance, l’univers du spectacle. On a là une idée d’espace plus que décor. Le mot est utilisé depuis peu dans le métier en fait et a remplacé en effet celui plus ancien de décorateur, ce qui marque bien l’évolution de la gestion de l’espace sur une scène au fond. Le scénographe peut néanmoins ne travailler uniquement sur le décor. Donc scénographie littéralement comme graphie de la scène.

 Comment devenir scénographe ?

 Aujourd’hui, il y a des écoles spécialisées qui préparent au métier de scénographe, en ce qui me concerne, je suis ingénieur de mécanique de formation et, si j’ai commencé la scénographie, c’est à l’occasion d’une rencontre avec une compagnie théâtrale qui a suscité chez moi une passion pour le théâtre, j’ai donc commencé à réaliser des décors, je faisais par ailleurs déjà de la peinture et des illustrations. Peu à peu, j’ai travaillé de plus en plus pour des compagnies et des grandes maisons. Le « coup de crayon » me semble indispensable bien que de très bons scénographes aujourd’hui travaillent uniquement sur l’espace numérique, toutefois avec un dessin, on peut davantage et rapidement exprimer une idée. Certains, également, ne passent pas par la maquette en carton, ce que je trouve regrettable, j’ai l’impression que parfois ces maquettes numériques très séduisantes trichent avec la réalité.

(suite…)

Sandrine Dégioanni, une chef perruquière qui décoiffe !

IMG_4682 IMG_4690 IMG_4689

Une perruquière ou un perruquier réalisent, entretiennent et posent des chevelures artificielles ou des postiches de têtes ou de visages sur mesure. L’origine de la perruque date du début du XVIème siècle en Italie où le point de Milan a été inventé ; la soie, le crin ou la filasse étaient cousus sur un bonnet tissé…

Comment devient-on coiffeuse perruquière pour les spectacles Sandrine Dégioanni ?

En ce qui me concerne, il s’agit d’un parcours atypique, je dirais que j’ai appris de manière autodidacte, j’étais en faculté de maths, en licence (rires partagés !), et après un problème important, j’ai décidé de changer de région et de métier, enfin d’orientation, et puisque ma maman était coiffeuse, j’ai opté pour la coiffure car c’est un métier dans lequel j’ai été élevée. Arrivée sur Avignon, j’ai donc passé un CAP de coiffure en neuf mois et j’ai eu cette proposition, un jour, de venir aider la perruquière de l’Opéra durant des fêtes de fin d’année.

Ensuite, c’est bénévolement que je suis venue pendant toute la saison 92/93 pour me former, puis je suis devenue intermittente pour l’Opéra tout en travaillant dans un salon de coiffure, fonction que j’ai rapidement cessée d’ailleurs pour être ici à temps plein après le départ à la retraite de Christiane qui remplissait la tâche de perruquière. Aujourd’hui encore, je remercie Monsieur Duffaut de m’avoir accordé sa confiance et donné ainsi ma chance.

Bien sûr, à présent il existe des bacs professionnels qui préparent à ce métier mais ces formations sont assez récentes, il y avait bien des écoles privées certainement, mais davantage pour l’implantation de perruque. Parfois, j’ai des stagiaires, je suis également appelée pour être jury d’examen de fin d’année, par exemple celui de l’Atelier du Griffon à Lyon il y a deux ans, où il fallait évaluer perruques et maquillages.

(suite…)

Du côté des costumes, avec Elza Briand…

IMG_4631

Entrons dans l’univers d’Elza Briand, chef costumière de l’Opéra Grand Avignon pour y découvrir un monde des plus fascinants. J’arrive d’abord dans l’atelier où Théo fait son apprentissage pour préparer un CAP tailleur une semaine sur deux ici, il vient de Paris. Gaëlle, Michelle et Christiane sont les couturières qui s’activent sur les costumes d’Orphée prévu à Avignon au début du mois de décembre. Je poursuis dans le bureau d’Elza. Pierre Guiral lui a proposé d’être à la conception des costumes de deux spectacles cette année, un désir de faire vivre davantage les forces vives de la maison dans son ensemble.

(suite…)