Trois hommes et une cellule…Acting…

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Un huis clos parfait pour l’intrigue, celle-ci place en effet trois hommes dans une même cellule avec pour seule perspective…du temps ! L’idée est intéressante et Xavier Durringer s’y entend pour mener à bien l’histoire d’une rencontre improbable entre un pauvre bougre échoué là pour escroquerie, Gepetto, interprété par Kad Merad, et un metteur en scène condamné pour meurtre, Robert, saisi par Niels Arestrup. Avec eux, Patrick Bosso campe le personnage énigmatique d’Horace, le tueur marseillais enfermé dans un mutisme tenace, tout à la fois observateur, arbitre, conciliateur, toujours complice. Loin de l’enfer sartrien, les compères réinventent l’espace et leur quotidien. Gepetto rêve d’être acteur, Robert, d’abord réticent devant l’incongruité d’une telle demande, finit par tenir le pari, Horace suit avec intérêt la formation théâtrale de son compagnon d’infortune.

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Si les ingrédients sont solides, avec notamment une critique acerbe des programmes ineptes du petit écran auxquels Robert va opposer le texte shakespearien et également cette mise en abyme du travail de l’acteur, le service reste modeste cependant. La leçon de théâtre semble manquer de rythme et Kad Merad se montre peu audible par endroit, est-ce dû à sa plus grande familiarité avec la caméra ? toujours est-il qu’on le sent en sous régime vocal bien que sa métamorphose permette de bons moments franchement drôles. Niels Arestrup, moins magnétique qu’habituellement, marque néanmoins les différentes humeurs du rôle, il évolue ainsi assez aisément entre comédie et tragédie, impatient et tendre, doux et rude, il emmène de sa voix profonde son apprenti comédien jusqu’aux accents dramatiques souhaités.

Peut-être faut-il chercher cette fois une leçon de théâtre du côté d’Horace, personnage muet auquel Patrick Bosso donne ici une présence prodigieuse, car il n’a pas son pareil pour exprimer d’un regard, d’un mouvement, parfois quasi imperceptible, les sentiments et les émotions qui l’agitent. Et malgré le double enfermement d’Horace, Patrick Bosso, qui l’incarne avec une puissance certaine, parvient finalement à nous communiquer cette idée de liberté offerte par les voies du théâtre.

                                                                                                    Marianne M.

Photographies Pascale Gely

Entretien avec Xavier Durringer à propos de sa pièce « Acting », très bientôt sur Avignon…

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Xavier Durringer, il me semble que votre théâtre est le résultat d’une observation de notre société plus qu’il n’est celui de l’imaginaire, comment vous situez-vous par rapport à cela ?

 Oui, en effet, j’ai plutôt un théâtre qui puise ses sources dans la réalité sociale et politique, une sorte de néo-réalisme poétique je dirais !

 Vous sentez-vous proche de certains auteurs de théâtre contemporain ?

 Je me démarque un peu du théâtre français qui me semble très poétique et depuis le début, j’ai plutôt un théâtre de situations nourries d’enjeux dramatiques et émotionnels. Olivier Py par exemple, est davantage dans une forme poétique de l’écriture, ce qui est le genre d’écriture nombreux auteurs contemporains. Je me situerais plutôt proche des auteurs américains comme Sam Shepard, décédé cet été. J’ai d’ailleurs traduit ses pièces pendant un moment. Proche du théâtre allemand ou russe aussi, des pièces avec des personnages face à des enjeux et des confrontations, j’écris un théâtre pour dire mais également pour jouer, pour sortir de la forme sérieuse pour mêler la comédie à la politique.

 Depuis quelques années, 2001, vous n’aviez plus fait de théâtre au profit de différentes réalisations cinématographiques, vous y revenez à présent, à quoi correspond ce retour à la source ?

 Effectivement, les deux dernières pièces étaient à Avignon, dans le cadre du Festival IN où j’avais joué Surfeurs en 1998 dans la cour du lycée Saint-Joseph et en 2001 La Promise avec Clovis Cornillac à l’Opéra Grand Avignon. Ensuite, j’avais monté une petite pièce ; Les Déplacés, en 2001/2002, sur les jeunes d’origine maghrébine qui avait fait une tournée. J’ai continué à écrire des pièces mais sans mettre en scène aucune d’elles. J’étais davantage axé sur la télévision et le cinéma.

Avec Acting, il s’agissait avant tout d’un thème fait pour le théâtre, c’est à la fois une pièce avec les trois personnages dans une cellule de prison mais c’est aussi un cours d’art dramatique en fait. Une pièce sur la transmission et le jeu d’acteur. J’avais le désir d’écrire sur ces deux sujets.

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Dialogues des Carmélites ou le chemin vers la grâce…

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Aux origines des Dialogues…

Au fondement même de cet opéra ; un auteur qui explore dans ses œuvres le combat spirituel entre le bien et le mal, il s’agit bien entendu de Georges Bernanos, fervent catholique et monarchiste passionné. On le retient notamment avec Sous le soleil de Satan (1926) et son Journal d’un curé de campagne (1936). C’est en 1947, sur l’idée du père Bruckberger, qu’il rédige le scénario d’un film du récit de La Dernière à l’échafaud de Gertrud Von Le Fort, lui-même inspiré de l’histoire véridique des carmélites de Compiègne guillotinées à Paris sur la place du Trône, le 17 juillet 1794, auquel la romancière avait ajouté le personnage fictif de Blanche de la Force  à la foi hésitante.

Dialogues des Carmélites peut être considéré comme le testament spirituel de Bernanos, en effet, il est publié en 1949 après la mort de celui-ci. D’abord adapté au théâtre par Jacques Hébertot et créé dans son théâtre en 1952, il devient ensuite le livret d’un opéra du compositeur Francis Poulenc, enthousiasmé par le projet après lecture du texte de Bernanos et sera représenté à la Scala de Milan en 1957. Le sujet touche Poulenc si profondément qu’il va en faire une œuvre remarquable.

Ce n’est qu’en 1960 que le scénario original servira de base au film Le Dialogue des carmélites réalisé par Philippe Agostini et le père Bruckberger, enfin, Pierre Cardinal concevra avec talent un téléfilm en 1984.

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Les Mousquetaires au couvent, une opérette pétillante à souhait en ces fêtes de fin d’année !

 

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Encore une fois, c’est d’une main de maître que Dominique Trottein emmène tout son petit monde orchestral vers la bonne humeur et un entrain des plus communicatifs. En effet, dès l’ouverture, le ton d’une soirée festive est donné, soutenu d’emblée en cela par le non moins sémillant ballet de l’Opéra Grand Avignon dirigé par Eric Belaud.

Mise en scène par Valérie Marestin, l’œuvre est convertie à une époque plus proche de la nôtre dans des décors simples et naïfs conçus par Hervé Cherblanc tout comme l’est ce petit peuple de pensionnaires joyeuses et espiègles d’un pensionnat. Ici, le noviciat est réformé dans la contrainte d’un mariage arrangé et les mousquetaires mutent en chasseurs alpins. Et si moines, abbé et religieuses restent vêtus de costumes plus représentatifs des exigences d’une époque reculée, ils n’en ont pas moins la vivacité et la drôlerie propres au genre léger de l’opérette.

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Sandrine Dégioanni, une chef perruquière qui décoiffe !

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Une perruquière ou un perruquier réalisent, entretiennent et posent des chevelures artificielles ou des postiches de têtes ou de visages sur mesure. L’origine de la perruque date du début du XVIème siècle en Italie où le point de Milan a été inventé ; la soie, le crin ou la filasse étaient cousus sur un bonnet tissé…

Comment devient-on coiffeuse perruquière pour les spectacles Sandrine Dégioanni ?

En ce qui me concerne, il s’agit d’un parcours atypique, je dirais que j’ai appris de manière autodidacte, j’étais en faculté de maths, en licence (rires partagés !), et après un problème important, j’ai décidé de changer de région et de métier, enfin d’orientation, et puisque ma maman était coiffeuse, j’ai opté pour la coiffure car c’est un métier dans lequel j’ai été élevée. Arrivée sur Avignon, j’ai donc passé un CAP de coiffure en neuf mois et j’ai eu cette proposition, un jour, de venir aider la perruquière de l’Opéra durant des fêtes de fin d’année.

Ensuite, c’est bénévolement que je suis venue pendant toute la saison 92/93 pour me former, puis je suis devenue intermittente pour l’Opéra tout en travaillant dans un salon de coiffure, fonction que j’ai rapidement cessée d’ailleurs pour être ici à temps plein après le départ à la retraite de Christiane qui remplissait la tâche de perruquière. Aujourd’hui encore, je remercie Monsieur Duffaut de m’avoir accordé sa confiance et donné ainsi ma chance.

Bien sûr, à présent il existe des bacs professionnels qui préparent à ce métier mais ces formations sont assez récentes, il y avait bien des écoles privées certainement, mais davantage pour l’implantation de perruque. Parfois, j’ai des stagiaires, je suis également appelée pour être jury d’examen de fin d’année, par exemple celui de l’Atelier du Griffon à Lyon il y a deux ans, où il fallait évaluer perruques et maquillages.

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Le compositeur des Mousquetaires au couvent, Louis Varney.

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De père en fils…

Louis Varney naît le 30 mai 1844 à La Nouvelle-Orléans, aux États- Unis, où son père, Alphonse Varney, est directeur de la French Opera Company entre 1840 et 1850.

Davantage que pour ses opérettes, ce dernier est resté célèbre pour son activité de chef d’orchestre, qu’il exerce un temps à la tête des Bouffes-Parisiens, et pour Le Chant des Girondins, composé sur un poème de Rouget de Lisle, l’auteur de La Marseillaise, repris pendant la Révolution de 1848.

Avec Les Mousquetaires au couvent créé en 1880, Varney s’inscrit dans le sillage d’Offenbach décédé quelques mois seulement après la création.

Alors qu’il s’agit d’une de ses premières œuvres, Varney remporte un triomphe avec Les Mousquetaires au couvent ce dont témoigne la presse de l’époque :

« La musique de M. Varney fils a de l’entrain et de la facilité, parfois même de la grâce. »

L’ouvrage, présenté plus de deux cents fois, devient rapidement l’un des titres phares du répertoire d’opérette, tant en province qu’à l’étranger.

Le livret de Paul Ferrier et Jules Prevel est tiré d’un ancien vaudeville de Saint-Hilaire et Duport, L’habit ne fait pas le moine (1835). Du sobre proverbe l’on passe à un titre des plus prometteurs ; des mousquetaires dont la connotation virile est sans conteste confrontée à la pudeur farouche des sœurs, voilà de quoi éveiller les curiosités en vérité!

Un livret bien construit et une musique pétillante à souhait.

Pour l’histoire, il s’agit, pour deux mousquetaires audacieux et…amoureux, de soustraire aux rigueurs du couvent la jeune Marie et sa soeur, nièces du gouverneur de Touraine. Les joyeuses péripéties ne manquent pas d’amener, comme il se doit dans le genre, à fléchir un père qui finira par accorder la main des deux jeunes filles à leurs fougueux prétendants.

En l’espace, c’est une musique raffinée et poétique accompagnée de tableaux  exquis et d’actions remplies d’éclats.



Les Mousquetaires au couvent, opérette en trois actes composée par Louis Vernay sur un livret de Paul Ferrier et Jules Prével d’après L’Habit de fait pas le moine d’Amble de Saint-Hilaire et Duport.

Nouvelle production de l’Opéra Grand Avignon. Vendredi 29 décembre 2017 à 20h30. Samedi 30 décembre 2017 à 20h30. Dimanche 31 décembre 2017 à 20h30. Opéra Confluence

Direction Dominique Trottein
Direction du Choeur Aurore Marchand
Etudes musicales Hélène Blanic

Mise en scène Valérie Marestin
Chorégraphie Eric Belaud
Décors et lumières Hervé Cherblanc

Simone Claire de Monteil
Marie Pauline Rouillard
Louise Amaya Dominguez
La Supérieure Maryse Castets
Sœur Opportune Isabelle Guillaume
Brissac Frédéric Cornille
Gontran Antonio Figueroa
Abbé Bridaine Franck Leguérinel
Rigobert Gilen Goicoechea
Le Gouverneur Alain Iltis

Orchestre Régional Avignon-Provence
Chœur de l’Opéra Grand Avignon
Ballet de l’Opéra Grand Avignon



Réservations sur le site internet de l’Opéra Grand Avignon  http://www.operagrandavignon.fr

ou par téléphone :  contactez la Billetterie de l’Opéra Grand Avignon
au 04 90 14 26 40

Durée : 2h30

Tarif à partir de 12 euros

 

Les Mousquetaires au couvent mis en scène par Valérie Marestin !

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Peintre à ses heures, fille d’architecte, très tôt le crayon la démange la petite Valérie Marestin ! Le sport comble cependant toute son adolescence, mais après quoi courait-elle donc ? Un ballon ? gonflé de rêves et de musique ? Non, courir un javelot en main à lancer le plus loin possible tout en chantant sans y penser jusqu’à être remarquée et dirigée vers des cours de chant !

« Une drôle de dame » qui tient aussi fort à ses projets qu’elle maintenait fermement le javelot de l’enfance, projetant avec cette même force sa passion de l’art lyrique qu’elle catapultait le pilum des temps modernes !

 

Valérie Marestin, aujourd’hui, vous vous consacrez à la formation des plus jeunes au chant lyrique comme à la mise en scène de spectacles lyriques je crois ?

 En effet, je suis professeure de chant (technique vocale) et d’art lyrique (interprétation),  avec une envie de transmettre mon expérience de chanteuse lyrique qui m’a fait passer à l’enseignement au conservatoire d’Avignon pour les solistes, par exemple Julie Fuchs qui à présent suit une belle carrière.  Et encore Pauline et Gilen, respectivement Marie et Rigobert dans Les Mousquetaires au couvent. Il s’agit d’un travail de fourmi, basé sur la répétition (sic !) mais tout à fait passionnant ! En tant que professeure d’art lyrique, mon approche est un peu différente de la technique en ce sens que je réunis les élèves autour du montage d’une œuvre que je mets en scène. Donc tous les deux ans, le projet est monté éventuellement avec le chœur du conservatoire, son orchestre nécessairement, l’œuvre est jouée à l’opéra d’Avignon.

 Comment concevez-vous ce rôle de metteure en scène ?

 C’est un métier, une véritable passion pour moi, j’irais jusqu’à dire un moteur, une véritable drogue ! Je dessine, beaucoup. Je tiens un livre de mise en scène avec textes d’indications bien sûr mais également de nombreux dessins. Le moment où je suis avec les acteurs est le moment clé pour moi et ça commence dès ce lundi !

Tout d’abord il s’agit de connaître l’histoire et la partition parfaitement, d’avoir rêvé avec cette œuvre puis d’avoir cette passion de mettre en mouvements ce que vous avez lu. Tout défile de façon presque intuitive chez moi, j’écris et dessine des croquis en  m’imprégnant de l’œuvre. Je crois qu’il s’agit là d’une pratique acquise depuis l’enfance au fond car déjà, en rentrant de l’école, je mettais des disques de musique classique que mes parents possédaient et, sans rien connaître des arts de la scène lyrique, je tentais quelques mouvements plus ou moins heureux que je dessinais ensuite, c’était là mes premières chorégraphies nourries par la musique qui m’amenait déjà au mouvement lui-même.

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Orphée mis en scène par Fanny Gioria ouvre la saison lyrique avec une virtuosité artistique manifeste !

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Orphée à « l’obscure clarté des étoiles » de Fanny Gioria

 Si Berlioz dépoussière subtilement la partition de Gluck, Fanny Gioria n’est pas en reste pour faire le ménage (osons la métaphore quelque peu triviale) nécessaire dans une mise en scène débarrassée ainsi des encombrants que seraient des décors chargés et des costumes plus ou moins symboliques d’une époque propre à une transposition souhaitée.

De fait, Fanny Gioria place idéalement son Orphée dans une intemporalité qui sied parfaitement à l’œuvre elle-même, car de quoi parlons-nous exactement, si ce n’est de l’expression de la sensibilité qui emmène le public vers « une tragédie en musique écoutée d’un bout à l’autre avec une attention continue et un intérêt toujours croissant, faisant verser des larmes jusque dans les coulisses, et excitant dans toute la salle des cris d’admiration » ! (Revue de Paris, 1836)

Sobriété de circonstance ici car, s’agite-t-on dans la souffrance, qui plus est lorsque l’on est dans les Enfers ?!

Côté jardin, une structure métallique sur laquelle Amour semble se livrer à un jeu machiavélique. Interprété finement par Dima Bawad, Amour guide les jeunes amants pour les perdre davantage entre son chant et sa perfidie semble-t-il, manipulation, jeu de dupes et de miroirs auquel ne peuvent échapper les deux amoureux.

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Rencontre avec Fanny Gioria, metteure en scène d’Orphée de Berlioz.

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Si l’on s’intéresse à votre parcours artistique, Fanny Gioria, celui-ci semble d’abord orienté vers le théâtre, comment vous êtes-vous dirigée, assez rapidement du reste, vers la mise en scène d’opéra ?

 J’ai toujours aimé l’opéra, la musique, et les rencontres ont renforcé ce lien avec la musique jusqu’à ce que l’on me propose la mise en scène de La Servante Maîtresse de Pergolèse. Je suis donc venue avec une formation de théâtre plus que de chant et je me suis bien vite rendu compte qu’il y avait un dialogue à créer entre les chanteurs et leurs personnages, ils ont ce désir de jouer, de trouver leurs personnages. Finalement, du théâtre à l’opéra, c’est une continuité, un vrai défi et un dialogue qui se crée.

Avez-vous l’impression que l’opéra ajoute une dimension qui ne se retrouve pas forcément au théâtre ?

 En effet, pour moi, l’opéra représente une totalité, on peut être à la fois dans le théâtre, dans le personnage, dans la dramaturgie, dans l’expression des sentiments, dans la musique qui parfois dépasse les sentiments lorsque l’on ne peut plus dire avec les mots. Il y a les costumes, les décors, la danse dont j’adore le travail sur le corps et la respiration. C’est un art complet, bien que ce ne soit pas nouveau de le dire, je crois que c’est l’espace d’une expression plurielle et illimitée et lorsque l’un parvient à sa limite, un autre prend le relais et l’on est ainsi vraiment dans une transversalité. Nous sommes là dans une approche très moderne au fond, tout à fait contemporaine, en ce sens que l’on peut passer de l’un à l’autre, que l’on puisse travailler en équipe, avec cinquante ou soixante personnes, ce qui permet d’œuvrer sur la notion d’équipe et c’est cela qui m’intéresse beaucoup dans l’opéra.

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Orphée Gluck-Berlioz

« le mythe d’Orphée », Marc Chagall, 1977chagall_orpheeOrphée, version de  Christoph Willibald Gluck, révisée par Hector Berlioz, mise en scène de Fanny Gioria et donnée sur la scène de l’Opéra Confluence dimanche 3 décembre et mardi 5 décembre 2017. Une des oeuvres les plus envoûtantes du répertoire. Se laisser charmer par ce spectacle est plus que conseillé !

Orphée l’enchanteur…

Fils de la muse Calliope, Orphée devient à son tour source d’inspiration inépuisable. De la lyre offerte par d’Apollon, Orphée compose une musique qui fascine et ravit jusqu’aux dieux des Enfers. Quel est-il ce mortel, quintessence même du lyrisme ? Comment parvient-il à émouvoir la roche insensible par nature ? Orphée est le poète suprême qui charme les dieux et les hommes, le végétal et le minéral, par une expression musicale envoûtante. Mais c’est également l’association douloureuse et fatale de Eros et Thanatos. Amour éternel consacré à sa bien-aimée Eurydice dont il ne cessera de chanter le nom jusqu’à sa mort. La musique se fait magie et, lorsque son Eurydice perd la vie, le charme du poète-musicien opère encore dans le monde des ténèbres. Il peut y descendre, séduisant Cerbère lui-même, écouté d’Hadès et de Perséphone qui accordent le retour d’Eurydice à la condition de ne pas la regarder avant d’être parvenus tous deux dans le monde des vivants.

Si l’entreprise paraît simple, les dieux savent qu’il n’en est rien ! Comment ne pas se retourner ? Barrière infranchissable entre le monde des morts et celui des vivants, ne pas regarder derrière, renoncer à son passé et continuer de marcher malgré la perte de l’autre.

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