Audrey Schebat La Perruche Barbara Schulz Arié Elmaleh

Audrey Schebat nous parle de La Perruche, la première pièce qu’elle écrit et met en scène…

fullsizeoutput_ff9

Elle est scénariste, réalisatrice, autrice et mettrice en scène (c’était phonétiquement tentant ! mais dans un désir de trancher au vif la question épineuse du juste féminin de ces appellations d’abord masculines, j’emploierai volontiers les formes canadiennes d’auteure et de metteure en scène (Ouf ! voilà qui nous rapproche de la douceur, voire du bonheur des mots retrouvés !). Forte de ces qualifications, Audrey Schebat semble tirer habilement les différentes cordes des arts du spectacle, du cinéma et de la littérature avec un talent certain pour emmener son public vers des introspections nécessaires à sa bonne vitalité mentale ! Si, selon Eugène Ionesco, « Pour s’arracher au quotidien, à l’habitude, à la paresse mentale qui nous cache l’étrangeté du monde, il faut recevoir comme un véritable coup de matraque… », nul doute que l’on puisse oser ici un rapprochement entre les mots du dramaturge et cette première pièce d’Audrey Schebat   qui laisse la vérité nue et crue entrer dans la sphère du couple si fortifiée de mensonges et de dénis. De l’idée à la réalisation, les écueils étaient nombreux, Audrey Schebat a su les dépasser avec une énergie inébranlable !

Scénariste et réalisatrice pour le cinéma, la télévision, volontiers du côté des documentaires également, à présent le théâtre, Audrey Schebat aurait-elle cet impérieux besoin d’explorer tous les genres ?

 En effet, et cela correspond au rêve de la petite fille que j’étais. Je voulais alors faire des films de chaque genre, un désir qui vient de loin en fait car l’écriture faisait déjà partie de mes activités enfantines. Sans doute le déclencheur a-t-il été cette première immersion dans le monde du spectacle avec une pièce que j’ai vue vers l’âge de cinq ans, Les peines de cœur d’une chatte anglaisemise en scène par Alfredo Arias au Montparnasse (d’après la nouvelle de Honoré de Balzac). Très certainement plus saisie d’émerveillement que d’autres, le rideau final m’a trouvée quasiment hystérique, rampant sous les sièges, furieuse de ne pas pouvoir rejoindre ces êtres de fiction qui me laissaient à une réalité qui me semblait bien moins intéressante que me paraissait l’être ce monde imaginaire ! De là est née l’obsession des coulisses ! C’est précisément à ce moment que, sans en connaître le sens véritable, je décidai d’être metteure en scène de théâtre ! Plus tard, vers neuf ans, j’ai vu Les fraises sauvagesd’Ingmar Bergman, ce sont certains plans du film assez choquants qui m’ont fait comprendre que je ne pourrai faire de même au théâtre ainsi l’obsession pour le cinéma commence-t-elle véritablement à ce moment-là.

Mon attirance allait aussi bien vers les films d’horreur, qu’à la Final Fantasy, ou à la comédie pure et autre, donc cette envie déjà de faire plus tard des films de chaque genre. Ainsi aujourd’hui, tout n’est pas encore sondé et je poursuis cette exploration cinématographique plurielle qui m’est nécessaire.

(suite…)