La Chauve-Souris

Jean Lacornerie revient sur la scène d’Avignon avec une sémillante et festive Chauve-Souris, Die Fledermaus !

Die Fledermaus de Johann Strauss fils, ou l’incontournable Chauve-Souris, l’emblème du bonheur en extrême Orient (sic !), va faire celui des Viennois en ce printemps 1874 ou presque puisque la critique se montre tout d’abord assez froide.

Pour en revenir à l’origine, l’opérette est une adaptation de Richard Génée du Réveillon, une comédie en trois actes écrite par deux associés à l’abondante production théâtrale ; Henry Meilhac et Ludovic Halévy, et créée au théâtre du Palais-Royal le 10 septembre 1872. 

Afin de charpenter cette satire gaie et légère, Johann Strauss composera une musique dans le temps accéléré de quelque six semaines. Néanmoins, lors de sa création, le cinq avril 1874, la critique viennoise se montre plutôt réservée pour ne pas dire aigre, il est vrai que Vienne sort à peine d’une épidémie de choléra et d’une banqueroute terrible et soudaine. Qu’importe, puisque très vite le monde entier se laisse griser par cette œuvre aussi pétillante que les bulles de champagne de son final, et certes, le spectacle tout à la fois musical et théâtral ne cesse d’égayer son public depuis lors.

C’est à L’Opéra Confluence que Jean Larcornerie nous proposera, les Samedi 19 juin et dimanche 20 juin, une nouvelle version de cette éclatante opérette si festive dans laquelle la musique y est si joyeusement jouée.

Au cœur du jeu fascinant de la farce, un réseau thématique intemporel tissé de jalousie et de vengeance, d’amour frôlant le désir et l’humour, bien entendu, qui met à distance raisonnable l’insupportable.

Quant aux ingrédients essentiels à l’histoire ébouriffante, prenons une espiègle soubrette, laquelle tente d’échapper à un destin médiocre, comptons sur la solidarité toute féminine entre une Caroline outragée par l’époux volage (Nihil novi sub sole !) et sa femme de chambre qui pointe un féminisme à venir, suivons les quiproquos nécessaires à toute histoire rocambolesque avec les amis Gaillardin et Duparquet et invitons-nous enfin, à notre tour, le temps d’une folle nuit dans le salon du prince Orlofsky parmi ses invités, au rythme ensorcelant de ses valses…

Jean Lacornerie, photographie de Louis Barsiat.

Jean Lacornerie, lorsque nous avons eu notre premier entretien, il y a presque trois ans, vous dirigiez alors le théâtre de la Croix Rousse à Lyon, conjuguez-vous toujours cette fonction à celle de metteur en scène ?

Non, j’ai quitté le théâtre La Croix Rousse en décembre dernier, pour des raisons personnelles d’abord puis professionnelles ensuite, ainsi j’ai pu prendre davantage de liberté par rapport à un planning de directeur chargé et laisser de ce fait plus de place à des projets liés à l’opéra. 

Je pense également que dix années dans un théâtre est un temps raisonnable pour exploiter ses différents aspects et que d’autres entreprises sont salutaires afin qu’il y ait ce nécessaire renouvellement dans les deux parties, ce qui n’exclut pas la prise d’une autre direction par la suite du reste. Cependant changer de lieu permet aussi de se réinventer.

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