Ludivine Gombert

Giacomo Puccini, entre réalisme et romantisme, une intensité dramatique…

puccini

Le musicien précoce

Giacomo Puccini est donné pour l’un des plus grands compositeurs de la seconde partie de ce XIXème siècle foisonnant d’arts et de sciences. Qui évoque Puccini songe sans doute simultanément à La Bohème, Tosca, Madame Butterfly, trois opéras à la tonalité dramatique pour ne pas dire tragique qui permettent, à l’opéra italien, après Verdi, de connaître à nouveau les feux éclatants de la gloire.

Mais reprenons quelques années plus tôt, c’est le 22 décembre 1858 en Toscane que naît le petit Giacomo, sixième enfant et seul garçon après cinq filles, un septième enfant, un garçon, verra le jour cinq ans plus tard et mourra à l’âge d’un an. Giacomo reste le seul « homme » de la famille puisque son père est également mort depuis quelques mois. Avant lui ce sont déjà trois générations de compositeurs d’église qui prédisposent sans doute aux aptitudes musicales le dernier rejeton Puccini. Si la pression familiale se fait sentir, Giacomo de son côté est un brin cossard et les plaisirs font plutôt le bonheur de ses jours ! Pourtant, bon sang ni talent ne sauraient mentir et c’est dans l’écoute de l’Aïdade Verdi, en 1876, que le jeune musicien, il a alors à peine 18 ans, décide de devenir compositeur. A 22 ans, fort d’une bourse, il entre au conservatoire de Milan où il se montre un élève des plus remarquables, un rien irrégulier mais véritablement brillant. La vie de bohème, il la connaîtra à l’italienne avec « La Scapigliatura » ; un mouvement littéraire et artistique aux formes diverses où on y rejette les principes bourgeois auxquels l’on préfère une création artistique libre. Giacomo rencontre à cette époque le compositeur Arrigo Boito, de 16 ans son aîné, et qui a déjà à son effectif une belle production artistique nourrie de poésies, de pièces de théâtre, de nouvelles et bien sûr d’opéras tel Mefistofele créé en 1868 à la Scala pour n’en citer qu’un. C’est ce nouvel ami qui va le soutenir dans la création de son premier opéra en 1884 à Milan ; Le Villi, dont le sujet fantastique et riche d’allusions magiques correspond bien au mouvement de la « Scapigliatura ». C’est dans cette même année que sa mère meurt laissant le compositeur très affecté, il n’a que 26 ans.

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