Mireille Larroche; Les saltimbanques; Louis Ganne

Les Saltimbanques de Mireille Larroche, une ode au spectacle vivant !

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Au commencement, il y avait des échafaudages sur fond d’immeubles HLM, et la musique de Ganne.

Le quartier de Nanterre était « informe et vide, il y avait » les railleries lancées vers les sales saltimbanques arrivés dans une antique camionnette.

Mireille dit : que le spectacle soit ! Et le spectacle fut.

Le public vit que la parade était bonne et les comédiens séparèrent le spectacle de l’obscurantisme.

Ainsi, il y eut une féérie qui prit vie, « ainsi il y eut un soir », ce fut le premier à nous émouvoir !

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Nul doute que toutes celles et tous ceux qui ont assisté ce week-end aux Saltimbanques de Louis Ganne, opérette mise en scène par Mireille Larroche, assistée en cela par Francesca Bonato et Jean-Philippe Corre, n’aient été conquis voire envoûtés par l’extraordinaire poésie de ce spectacle, si les muses peuvent transformer le monde d’une manière générale, elles ont ce soir-là mué une réalité des plus difficiles en une grâce certaine. Véritable alchimiste de la scène, Mireille Larroche revisite l’œuvre de Ganne, réécrit le livret de Maurice Ordonneau, pour l’ancrer dans une contemporanéité familière, elle y matérialise la condition précaire des intermittents dont elle défend non seulement le statut mais encore l’indispensable place au sein de la Cité. Artistes de cirque exploités, animateurs commerciaux pour galeries marchandes, figurants de série TV, tout y passe pour traduire l’errance entre deux cachets. Et le théâtre dans tout cela ? La question est posée, la réponse avancée ; les écrans de tout genre éloignent les spectateurs des théâtres nous dit-on. Cependant, c’est bien du spectacle vivant dont il s’agit ici et la fête est complète, les baladins de tout crin s’y côtoient pour offrir un tableau absolument étourdissant d’acrobates, de jongleurs, de danseurs et de chanteurs, de clowns et de ballerines au jupon scintillant, de musiciens et de comédiens, quelque soixante « saltimbanques » illustrent ainsi l’art de la scène et la nécessaire complicité d’un public. Mais d’où viennent-ils en si grand nombre ?!! Mais de partout ! Le chœur de l’Opéra Grand Avignon dirigé par Aurore Marchand est là, quelques choristes deviennent solistes ou comédiens pour l’occasion, d’habituels figurants prennent la parole, ainsi Laurent Dallias interprète un bougon Monsieur Bernardin, les danseuses et danseurs de l’Opéra Grand Avignon révèlent une fois de plus tout leur talent et celui non moindre de leur chorégraphe Eric Belaud. Les frontières entre les genres et les métiers sont ouvertes largement, on reconnaît sur scène la perruquière Sandrine Degioanni, la maquilleuse Camille Bonardi, l’habilleuse Liliane Tomeï de l’Opéra Grand Avignon ! La fête du théâtre c’est cela aussi, tous ses acteurs sont présents et répondent à l’appel des grands questionnements ; qu’est-ce qu’un.e saltimbanque ? Quelle est son utilité ? Que fait-il.elle ?

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