Molière et Lully

Amoureux de la commedia dell’arte et des masques, Raphaël de Angelis se livre à découvert !

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Raphaël de Angelis, vous créez une troupe au sortir du Conservatoire en 2006 avec cette volonté de tourner dans différents villages et pour seul salaire le fruit du chapeau, et puis, rapidement, la création d’un théâtre, celui de l’Eventail et la formation à la commedia dell’arte, un parcours qui ressemble en partie à celui de Molière ?

 Ce doit être de manière inconsciente j’imagine, l’idée était de jouer dans des villages à destination de celles et ceux qui ne se rendent pas au théâtre, de donner à voir des farces de Molière car elles restent accessibles au plus grand nombre. Par ailleurs, c’était un moyen de consolider notre expérience en multipliant les représentations car lorsque l’on commence dans le métier, on va jouer quatre fois le même spectacle dans le réseau habituel alors que l’on a pu donner jusqu’à deux cents représentations d’une pièce en nous déplaçant, ce qui apporte une pratique bien plus affermie du métier. Notre souhait initial était donc bien de créer des spectacles qui allaient se jouer, nous avons ainsi fait de nombreuses tournées dans des établissements scolaires, des rencontres avec les élèves.

Au XVIIème siècle, il est vrai que les comédiens avaient cette même nécessité de jouer et Molière commence par des tragédies qu’il a dans son répertoire, celles de Corneille par exemple et également des farces de la commedia dell’arte qu’il retranscrit en français. Pour jouer le plus possible, il faut donc se déplacer, ce qui pour moi est toujours valable aujourd’hui.

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