Opéra Avignon

Molière, du saltimbanque au « fou » du Roi, une même passion du théâtre, une oeuvre cyclopéenne…

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Tout comme son contemporain Jean de La Fontaine, Molière est certainement le nom le plus familier pour toute personne ayant passé sa première dizaine d’années de vie ! Jean-Baptiste Poquelin, de son véritable patronyme, va très vite choisir un pseudonyme qui lui siéra à merveille, Molière ou, de manière imagée, le Mot comme du Lierre qui ne cessera de s’enrouler au fil des siècles dans l’histoire de la langue française en général et dans celle du théâtre en particulier.

Né en 1622, Molière, c’est l’homme de son temps, lequel parviendra néanmoins à être celui de toutes les époques qui vont lui succéder car « Il a vu la nature humaine » nous rappelle Sainte-Beuve.

Témoin en effet de son temps comme a pu l’être Pascal, Molière n’hésite pas à en pénétrer la forteresse religieuse pour en livrer aux rires les déviances comme il le fait des hypocrisies de tout poil. Il n’épargne ni les titrés, pas davantage les fats bourgeois en mal de condition supérieure, il souligne férocement l’inégalité conjugale et caricature le saugrenu barbon qu’il dote des vices de l’avarice, du despotisme, de la stupidité et de l’ignorance quand il ne fait pas de lui un galant ridicule, des tares qu’il conjugue dans la même personne selon le genre de l’ouvrage. A l’inverse, il campe une jeunesse triomphante, servie au mieux par des serviteurs et des servantes partenaires de tous les complots. A ces jeunes gens, Molière offre tous les succès, les mariages ne peuvent répondre qu’à un amour partagé, les pères n’ont plus qu’à ranger la férule tyrannique car Molière n’a rien de celui qui place les femmes dans « Cette indigne classe où (les) rangent les hommes ». Il fait au contraire résonner très haut la voix des femmes, Macha Makeïeff (directrice du Théâtre de la Criée) nous dit avec raison que « Molière a toujours été du côté de la modernité ».

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