Vincenzo Bellini

La Sonnambula de Vincenzo Bellini sur la scène de l’Opéra Grand Avignon, une musique de rêve…

Le Somnambule de Henri de Miller, Paris la Défense

La Sonnambula ou la somnambule en français a une connotation immédiate avec le monde parallèle du mystère dont raffole un dix-neuvième siècle épris de spiritisme. Car enfin, quelle étrangeté que cet état d’éveil inconscient qui survient pendant le sommeil et qui conduit le sujet endormi au monde des vivants, éveillé qu’il se trouve dans cet univers de tous les possibles !

L’historienne Nicole Edelman place l’origine du spiritisme en France avec la découverte du magnétisme animal de Mesmer à la fin du XVIIIe siècle et du somnambulisme magnétique, mis au jour par le marquis de Puységur en 1784. Voie qui conduit à la découverte de l’hypnose dont le nom s’imposera. Les expériences de communication se diffusent ainsi que des expérimentations médicales comme l’anesthésie sous hypnose. L’historienne situe l’apparition du spiritisme en 1857. 

Pour les Romantiques passionnés de phénomènes mystérieux, il n’en faudra pas moins pour en explorer à loisir les moindres recoins, de fait, le spiritisme deviendra, en cette deuxième moitié du dix-neuvième siècle et pour de nombreuses personnalités, dont les plus représentatives restent Victor Hugo et Sir Conan Doyle, un moyen de sonder les rapports entre les vivants et les morts, les questionnements sur l’amour et le progrès. Les tables tournent, « le somnambulisme magnétique » modifie l’état de conscience et ouvre la voie à l’hypnose. Comment ne pas penser à la toute fin de ce  même siècle à l’Interprétation des rêves de Sigmund Freud qui deviendra le support, non pas du milieu médical tel que l’aurait souhaité le psychanalyste mais de celui des intellectuels qui vont véritablement s’enthousiasmer pour ce livre. Si le rêve fut associé depuis la nuit des temps à une vision venue de l’au-delà, il devint pour les Romantiques le moyen d’en étudier les contours à des fins de création, « Je est un autre, la vraie vie est ailleurs » nous dit Rimbaud.

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